Avec des aides d’État pour la rénovation énergétique qui se resserrent comme peau de chagrin au fil des ans, il devient difficile pour les particuliers de s’y retrouver. Yann Geney, conseiller France Rénov’ à la maison de l’Habitat fait le point.

Moins d’argent pour les mono-gestes
Les aides d’État pour les mono-gestes, c’est-à-dire une intervention ponctuelle comme changer de chaudière, installer un poêle à bois à granulés, isoler l’intérieur et l’extérieur des murs ont quasiment disparu. Seules subsistent des aides pour l'installation d’une pompe à chaleur. “L’État a pas mal resserré, convient Yann Geney, conseiller France Rénov’ à la Maison de l’Habitat. Au 1er janvier, il y a eu la suppression des aides pour les chaudières bois et granulés. C’est dommage pour les particuliers, d’autant plus qu’ici, nous avons une production de bois local.”
Ce dernier reçoit les particuliers sur rendez-vous, les aide à imaginer leur projet avec les subventions dont ils ont le droit (d’après leur revenu fiscal de référence).

La rénovation d’ampleur encouragée
“L’État a maintenu un dispositif intéressant : la rénovation d’ampleur. Au lieu d’accorder une prime avec des montants fixes, c’est un pourcentage du montant des travaux, selon les revenus. De 10 % pour les plus aisés à 80 % pour les plus modestes”, note Yann Geney. Pour une amélioration de deux classes énergétiques, l’aide peut aller jusqu’à 37 500 euros, de 50 000 euros pour trois classes énergétiques. Ces aides s’adressent aux passoires énergétiques classées E, F et G. Pour commencer, il est devenu obligatoire de réaliser un audit énergétique avec un accompagnateur agréé, Mon accompagnateur Rénov, un tiers de confiance agréé par l’État qui guide les particuliers dans leurs projets de rénovation énergétique d'ampleur. Un bouquet de travaux est ensuite décidé. Il faut payer un audit énergétique et le dépôt de dossiers. Cela coûte entre 2 000 et 3 000 euros. Il existe une aide sur cet accompagnement de 400 euros pour les plus riches à 2 000 euros pour les plus modestes. Ensuite, le particulier demande des devis aux artisans R.G.E. selon les travaux à réaliser. “En bouquet de travaux, le plafond est de 50 000 euros, ce qui n’est pas très haut, reprend Yann Geney. Même si les montants sont intéressants, il faut être en capacité de payer le reste à charge. L’État a priorisé sur les bouquets de travaux mais cela exclut les logements en classe C ou D ou des plus petites rénovations. Ce genre d’aides colle bien pour les achats-rénovation.”
À ces aides d’État peuvent s’ajouter des abondements de la Région, du Département, du Grand Besançon, et des communautés de communes, comme Loue-Lison, engagée sur le sujet.

Le rôle d’un conseiller France Rénov’
Le Doubs compte 6 E.T.P. conseillers France Rénov’. Ils se déplacent dans les permanences de Grand Besançon et à celles d’Ornans, Quingey et Amancey. “Nous avons un rôle neutre, gratuit et indépendant, souligne Yann Geney. Nous sommes là pour que les particuliers évitent l’écueil du démarchage. Nous n’avons rien à vendre. Nous sommes là pour écouter, aider à définir le programme de travaux, renseigner sur le coût des travaux, mettre en garde sur les réglementations, notamment d’urbanisme.” Pour le rendez-vous avec un conseiller France Rénov’, il est primordial de se munir de son avis d’impôts avant d’évaluer le montant des aides. Toutes les informations techniques sur le logement qui peuvent être recueillies sont les bienvenues.

Les aides financières vont-elles subsister ?
Les aides financières dépendent des orientations de la loi des finances. Celles en cours comptent encore jusqu’en décembre. Quid de l’avenir ? “En 2027, c’est tout ou rien. On espère qu’ils ne vont pas toucher aux rénovations d’ampleur, observe Yann Geney. C’est assez décourageant ces stop-and-go.”