Lors de l’audience solennelle du tribunal judiciaire, le 22 janvier, le procureur Cédric Logelin et le président par intérim du tribunal Olivier Molin ont annoncé les priorités pour 2026 tout en déplorant un sous-effectif et des manques de moyens.
Pour cette audience solennelle du tribunal judiciaire de Besançon, le 22 janvier, ce sont deux nouveaux magistrats qui assurent la fonction de chefs de juridiction. Cédric Logelin a remplacé Étienne Manteaux comme procureur de la République. Olivier Molin a pris la présidence par intérim en attendant l’arrivée de Sandrine Batalla à la mi-février, qui remplace Alain Troilo.
Le président Olivier Molin a formulé des vœux de "stabilité dont la justice a besoin", dénonçant un "mauvais procès fait à la justice", affaiblie par "l’instrumentalisation politique." Dans ses réquisitions, le procureur Cédric Logelin abonde : "Il faut que la justice puisse s’exercer sereinement, sans crainte ni menace. En 2026, nous sommes ouverts à la réforme mais intransigeants sur la protection et l’indépendance des magistrats."
Globalement, l’activité du tribunal judiciaire de Besançon reste soutenue, malgré des sous-effectifs. Au siège, il manque 6 juges en première instance. Parmi les priorités fixées, la lutte contre les V.I.F. (violences intrafamiliales) et le trafic de stupéfiants arrivent en premier. Ces deux contentieux constituent près de la moitié de l’activité pénale. Avec des délais d’audiencement de 5 mois en juge unique et 10 mois en collégiale. "Depuis le mois d’octobre et jusqu’en mars, on a dû supprimer des audiences en raison d’une absence de président du tribunal", déplore Olivier Molin.
242 auteurs d’infractions de V.I.F. ont été jugés, auxquels il faut ajouter 66 passés en C.R.P.C. (comparution préalable de culpabilité). Soit en moyenne 6 jugements par semaine en matière de V.I.F. Le procureur Cédric Logelin a annoncé le développement du dispositif Altérité, un accompagnement renforcé des victimes et les premières mesures de justice restaurative.
Sur le trafic de stupéfiants, 299 auteurs d’infractions ont été traités par le Parquet, soit une hausse de 18 %. Et notamment, une "augmentation exponentielle de l’implication des mineurs", déplore le Procureur. Enfin, Cédric Logelin a appelé à être plus efficace sur le contentieux de l’environnement. 12 nouveaux dossiers ont été instruits en 2025 au Pôle régional de l’environnement, soit 60 depuis sa création (contre une moyenne de 25 dans les autres P.R.E.). Le président par intérim Olivier Molin regrette que le siège n’ait jugé que 7 affaires. "Ce n’est pas exclusivement un pôle pénal, il peut aussi avoir des actions en responsabilité civile et en compensation. Ni les administrations ni les associations ne se sont tournées vers la justice civile."
En 2026, les priorités sont fixées sur la lutte contre la destruction du lynx boréal, contre la pollution des stations d’épuration, le trafic de déchets et l’abattage massif d’arbres.
Enfin, avec la réécriture du Code pénal en novembre 2025, les tribunaux correctionnels deviennent des tribunaux délictuels, et les tribunaux de police deviennent les tribunaux contraventionnels. Le personnel du tribunal et notamment de greffe doit également composer avec la dématérialisation "à marche forcée" des procédures, des dysfonctionnements informatiques liés à cette digitalisation, avec en ligne de mire une labellisation future de tribunal numérique.
