Christine et Éric Faivre ont enfin pu regagner leur domicile des Bassots trois ans et demi après le glissement de terrain qui a fragilisé leur terrain. Mais la bataille judiciaire n’est pas terminée.
“C’est la fin du cauchemar…” souffle avec soulagement Éric Faivre, tout occupé à reprendre ses marques dans la maison familiale qui domine le hameau des Bassots à Villers-le-Lac. En entrant dans la salle à manger des époux Faivre, on a du mal à imaginer que la maison a été inoccupée autant de temps.
Depuis ce funeste jour du 28 septembre 2022 quand un glissement de terrain lié à la construction d’un lotissement en contrebas a rendu l’habitation instable. Il a fallu d’importants travaux de renforcement, avec la construction d’un mur de soutènement renforcé de pieux métalliques, pour qu’enfin le terrain se stabilise.
Après des mois d’attente et plusieurs avis d’experts, les arrêtés de péril que la mairie signait chaque mois pour empêcher l’accès à la maison ont enfin été levés. Bien sûr, il a fallu refaire des travaux, les papiers peints et les appareils sanitaires ayant évidemment souffert de l’humidité pour les uns et d’un arrêt prolongé pour les autres. Mais la solidarité a une fois de plus opéré. “Les membres de l’association créée par Claude et Isabelle Croissant pour nous soutenir ont été une fois de plus formidables. Ce sont eux qui sont venus nous changer le papier peint et qui nous ont aidés à nettoyer la maison, nous leur sommes vraiment reconnaissants” notent les époux Faivre.
Maintenant qu’ils ont regagné leur domicile après quatre déménagements en trois ans et demi, Christine et Éric Faivre ne sont pas pour autant revenus à une situation normale. Par précaution, ils n’ont pas encore le droit d’accéder à leur terrasse ni à la partie inférieure de leur terrain sur laquelle des capteurs ont été installés pour vérifier les éventuels risques de mouvement. “Et on ne sait toujours pas qui va remettre en état notre jardin” ajoute le couple qui transmet chaque facture payée à l’avocat qui suit leur affaire. L’issue de cette affaire sera sans doute réglée devant les tribunaux. “On ne demande qu’une chose, c’est qu’on nous remette en état notre terrain, comme c’était avant” avance Éric Faivre.
Le couple a une autre crainte : que les travaux du lotissement reprennent un jour. “On n’a aucune envie que le terrain en contrebas soit à nouveau creusé. S’ils font des maisons, ils peuvent en construire dans la partie droite du terrain, mais pas là.”
Interrogée sur ce point, la promotrice du lotissement dont les travaux se sont brutalement arrêtés en septembre 2022 reste très prudente : “On ne sait pas encore si les travaux pourront reprendre un jour. Nous devrions être fixés en septembre prochain, soit un an après la pose des appareils de mesure” note Peggy Gindraux de la société 323 Immo.
