La fermeture début janvier de ce village-vacances de 140 lits confirme les difficultés auxquelles sont confrontées certaines structures d’hébergement collectif dans le Doubs. Petite consolation, la reprise du site de Villers-le-Lac serait sur le point d’aboutir.
Que ce soit du côté de l’association Espaces Vacances propriétaire d’Évasion Tonique, de la mairie de Villers-le-Lac ou encore dans un milieu professionnel où tout le monde se connaît, se côtoie, un repreneur est bel et bien sur les rangs même si son nom reste secret. Il s’agirait, sous toutes réserves, d’un groupe basé dans les Alpes et propriétaire d’autres centres de vacances. “Il y a un repreneur. Évasion Tonique va rouvrir et l’aventure va continuer”, explique l’un des administrateurs qui ne souhaite pas s’étendre davantage sur le sujet.
Même confirmation du côté de Dominique Mollier, maire de Villers-le-Lac et vice-présidente en charge du tourisme à la C.C.V.M. “Je suis ce dossier de près. Je connais l’impact d’Évasion Tonique sur la clientèle groupe. Il y a un repreneur qui a déjà signé une partie de la vente. C’est un professionnel du tourisme de groupe. Il lui faudra sans doute réaliser quelques travaux”, indique l’élue en déplorant bien sûr le licenciement des cinq permanents d’Évasion Tonique tout en soulignant que des propositions de reclassement leur ont été faites.

Créée en 1968, cette maison familiale de vacances a connu plusieurs dénominations avant de devenir Évasion Tonique. Avec 140 lits, ce village-vacances est le plus important du Haut-Doubs Horloger. Il a fusionné en 2021 avec un autre centre de vacances de 220 lits, basé à Chadenas vers Embrun. Suite à ce rapprochement, l’association Évasion Tonique a été dissoute au profit de l’association Espaces Vacances qui gérait les deux sites. Le début des ennuis pour certains observateurs qui pointent du doigt le coût énergétique du bâtiment de Villers-le-Lac, charge qui a sans doute alourdi un déficit devenu intenable. Ajouté à cela, une baisse de fréquentation notable sur la saison hivernale.
Ce ralentissement s’est forcément répercuté sur le chiffre d’affaires qui a enregistré une perte de plusieurs centaines de milliers d’euros. Utile de rappeler aussi que la vente des deux sites concerne uniquement les bâtiments mais pas l’activité.
La disparition comme l’espoir d’une reprise ne peuvent laisser indifférent Thibault Gladel, accompagnateur moyenne montagne, guide nature qui a mis ses compétences professionnelles au service d’Évasion Tonique pendant 18 ans. “Avec plusieurs autres prestataires, on est vraiment très remonté envers les administrateurs d’Espaces Vacances qui ont agi sans aucune concertation avec les élus ou les professionnels du tourisme. On peut aussi leur reprocher de ne pas avoir eu de stratégie en lien avec l’écotourisme” déplore-t-il.
Pour manifester sa colère face à ce qu’il lui semble être un immense gâchis, il envisage de lancer un appel auprès des prestataires touristiques et des partenaires politiques qui ont travaillé de près ou de loin avec Évasion Tonique. “On se sent concerné par l’avenir du site car l’activité générée par l'accueil et l’encadrement des vacanciers était loin d’être négligeable. Me concernant, cela représentait un tiers de mon chiffre d’affaires.”
Comme lui, une quinzaine d’indépendants travaillaient plus ou moins régulièrement pour ce village-vacances. “Il manque encore quelques signatures pour diffuser cette lettre en sachant que la situation peut vite évoluer. Le 16 février, j'ai reçu un appel émanant du service commercial du repreneur me demandant un devis pour encadrer un séjour randonnée en juin. Un autre prestataire a aussi été sollicité récemment pour des visites de son site.” Plutôt bon signe.
