Depuis le printemps dernier Lydie Groslambert a ouvert son potager à Avoudrey. La jeune maraîchère de 27 ans cultive ses plants avant de les mettre en terre et de les faire pousser. Le tout sans aucun produit phytosanitaire et en respectant la saisonnalité.

Avec la douceur de cet automne, les tomates rougissent encore dans la serre de Lydie Groslambert. Pour autant le mois d’octobre est bien avancé et avec lui le froid du matin et du soir. Bientôt la jeune maraîchère va arracher ses 700 pieds de tomates. Les végétaux partent nourrir le compost qui servira ensuite d’engrais pour les prochains légumes. La saison des potimarrons, choux, épinards, mâche est ouverte. De l’ail d’automne va bientôt être mis en terre pour être récolté en juin et juillet.

Lydie Groslambert a planté 700 pieds de tomates dans une de ses serres.

Au Potager d’Avoudrey, une trentaine de sortes de légumes poussent grâce au travail de Lydie Groslambert sur 3 000 m² cultivés. Tous sont issus de plants qu’elle a cultivés depuis janvier dernier à partir de graines. “J’essaie le plus possible de planter des variétés locales et anciennes comme la carotte jaune du Doubs ou les tomates anciennes comme la Rose de Berne, la Noire de Crimée, la Cœur de bœuf, etc.” explique la jeune femme. Autre caractéristique : Lydie utilise des graines reproductibles et non hybrides. Ces dernières sont généralement retravaillées en laboratoire pour donner des légumes beaux, ronds et brillants tels qu’on peut les trouver en grande surface. Inconcevable pour Lydie qui privilégie le bon au beau. “Je trouve que les hybrides ont moins de goût.”

Les légumes du Potager d’Avoudrey qui respectent les saisons, poussent sans produits phytosanitaires

Après cette première année de récolte et de vente directe individuelle, elle va récupérer une partie des graines de ces légumes pour faire repousser d’autres plants à partir de janvier prochain. Dans cette même veine où la nature prend toute la place, Lydie Groslambert n’utilise aucun produit phytosanitaire. Son engrais est issu du compost auquel s’ajoutent plusieurs purins comme celui d’orties ou de prêle. Ses habitudes, elle les tient de sa famille qui a toujours cultivé son jardin de cette manière. Il faut dire qu’au départ, la jeune femme se destinait au métier d’orthophoniste avant de se reconvertir et d’entamer une formation en maraîchage pendant un an.

Si elle fourmille de projets pour l’année prochaine comme la vente de paniers de légumes, la construction d’un chalet afin d’avoir un abri pour la vente directe ou encore la diversification vers de petits fruits tels que les fraises et les framboises couplée à la plantation d’arbres fruitiers, Lydie reste attentive au plus gros défi qui l’attend à l’avenir : la ressource en eau. L’irrigation de ses légumes se fait au goutte-à-goutte, permettant d’utiliser moins d’eau et d’arroser au mieux. “Les deux serres sont faites aussi pour récupérer l’eau de pluie et on va installer une poche plus loin pour récupérer et stocker. Je recherche également des variétés qui s’adaptent et résistent au changement climatique.” Sur ce point, elle peut se fier au retour d’expérience de ses clients qui lui confient volontiers leurs petits tuyaux.

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En attendant, après la grosse saison estivale, une période creuse commence à se dessiner de fin novembre à janvier. Un temps mis à profit pour le repos, tant pour la terre et le sol que pour la maraîchère qui pourra prendre quelques jours de vacances. Avant de repartir de plus belle pour une seconde année de récolte qui, Lydie l’espère, sera aussi bonne que la première. Mais comme dit l’adage, on récolte ce que l’on sème. L’avenir s’annonce donc radieux pour le Potager d’Avoudrey