"Des retours positifs du CHU de Brest"

En un temps record, et après avoir obtenu une dérogation de l'ANSM, la start-up bisontine a développé un produit capable de ventiler avec la quantité d'air voulue un patient admis en réanimation. Une prouesse.

Le produit EOlife permet de ventiler avec le débit d'air nécessaire un patient en insuffisance respiratoire.

C'est une pépite de la French Tech... et cette pépite est Made in Besançon. Archéon, start-up de 9 salariés basée au centre-ville , vient en quelques semaines de réaliser une prouesse technologique. Elle a redéployé son dispositif de monitoring de la ventilation manuelle dédié à la réanimation cardiaque pour les services de réanimation adultes. Objectif : que ces derniers puissent ventiler correctement un patient s'ils n'ont plus de ventilateur de réanimation à disposition. La Presse Bisontine avait consacré en septembre 2019 dans le cadre d'un dossier relatif à l'innovation médicale un article au produit EOlife.
La société vient d'apporter une nouvelle corde à son arc. "Notre produit ne remplace pas un ventilateur de réanimation mais il est une solution palliative qui stabilise un malade pendant quelques heures voire quelques jours. Nous l'avons fait évoluer avec la crise sanitaire en changeant les algorithmes et en modifiant l'interface. C'est ce qui a permis l'adaptation" annonce Alban De Luca, co-fondateur d'Archéon.
La  ventilation  en  réanimation  est  une procédure  critique. Lorsqu'il s'agit  d'un patient  souffrant d'insuffisance respiratoire aiguë, comme c’est le cas pour les patients atteints du coronavirus, une erreur de réglage du ventilateur ou un dysfonctionnement peut entraîner une détérioration rapide de l’état de santé, jusqu’à la mort.

Une partie de l'équipe Archéon.

Si Archéon s'est lancée dans ce travail, c'est après avoir été contacté par le professeur Erwan L’Her, Chef du service de médecine intensive et de réanimation du CHU de Brest. "Il connaissait notre produit de ventilation cardiaque. Il nous a demandés de créer un prototype" raconte le co-fondateur. Les ingénieurs se sont mis au travail.
Les tests ont été concluants. L'Agence de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a délivré une dérogation sur le marché d'EOlife jusqu'à fin mai.

"Un outil fiable", selon le Pr L'Her.

Les retours sont positifs : "EOlife propose grâce à sa solution d’intelligence artificielle un outil fiable pour mesurer et ajuster l’air délivré à chaque patient, le clinicien n’a plus qu’à ajuster la quantité d’air-oxygène voulu" commente le professeur Erwan L’Her au CHU de Brest qui a pu tester la fiabilité des paramètres ventilatoires d’EOlife, mesurés dans le cadre d’essais cliniques.
D'autres établissements en France sont intéressés : les Hôpitaux de Paris, le CHU de Besançon. Une limite : la gestion des stocks. "Nous devons faire face comme les industriels aux problématiques de rupture de certains produits comme les capteurs d'oxygène" relate le Bisontin. Les appareils sont confectionnés à Témis, Pirey, et Lille, avec l'appui de sous-traitants.
Quant au premier produit destiné à la réanimation cardiaque, imaginé avec la collaboration du docteur Abdo Khoury, du Pôle des Urgences au CHU de Besançon, il devrait être commercialisé en septembre.

Le Dr Abdo Khoury du CHU de Besançon, photographié ici en 2019, est à l'origine du développement.