Grand Besançon Métropole a récupéré la gestion des 181 ouvrages d’art du territoire (ponts, tunnel, murs de soutènement…). Un plan de révision est établi. Le drone est le nouvel outil d’aide à l’inspection.

Didier Gaudot, responsable du bureau d’études et Daniel Mourot, directeur du service voirie du Grand Besançon sur la passerelle De Chardonnet à Besançon (photo prise avant le confinement).

Ce n’est pas l’effondrement du pont Morandi à Gênes en août 2018, pas plus que celui du pont enjambant le Tarn en novembre dernier qui a motivé les services de G.B.M. à activer un vaste programme d’inspection de ses ouvrages d’art dont on ne compte pas moins de 181 exemplaires répartis dans les 68 communes du Grand Besançon. La plupart sont en bon état, d’autres mériteraient des travaux de consolidation - comme au centre de Beure ou à Pouilley-les-Vignes par exemple - mais “aucun ne présente le moindre risque d’effondrement” assure Daniel Mourot, directeur du service voirie au Grand Besançon.
Tous ces ouvrages d’art dont l’objet d’un programme de révision, “au moins tous les six ans” note Didier Gaudot, responsable du bureau d’études au service voirie. Parmi les derniers ponts à être passés au scanner du contrôle, il y a eu le 20 février dernier la passerelle De Chardonnet qu’empruntent tous les jours des centaines de piétons et cyclistes pour enjamber le Doubs entre le centre-ville de Besançon et le quartier des Prés-de-Vaux. La technique utilisée ce jour-là était innovante : “Nous avons utilisé un drone. Cela évite d’installer une nacelle élévatrice et une nacelle négative. Ce système de surveillance par drone nous permet de voir rapidement si l’ouvrage présente des défauts ou des dégradations. C’est simple, rapide et en termes de rendu, les images nous permettent de voir la structure en 3 D. On peut voir ainsi la moindre fissure” note Daniel Mourot.
Cette année, G.B.M. consacre quelque 70 000 euros pour l’ensemble des inspections menées les ponts du Grand Besançon. “118 ouvrages seront inspectés en 2020” notent les services. Sans parler des travaux d’entretien courant qui coûtent environ 400 000 euros chaque année à l’échelle de G.B.M.
La passerelle De Chardonnet construite en béton armé dans les années cinquante ne suscite aucune inquiétude. Le constat est plus mesuré pour d’autres ouvrages comme la passerelle piétonne située face à l’ancienne usine Rhodia Ceta ou encore la passerelle rouge du C.C.A.S. à Planoise. “Celle-ci ne vieillit pas très bien reconnaît M. Mourot. Il faudra que d’ici trois ou quatre ans on sache ce qu’on fait de cette passerelle sur laquelle transitent chaque jour environ 700 passants.”

Parmi les ouvrages d’art à surveiller : la passerelle rouge de Planoise.

Le pont de Velotte devrait lui aussi faire l’objet de travaux, notamment pour le rendre plus accessible aux cyclistes qui empruntent la véloroute. “Nous envisageons de créer un encorbellement pour piétons et cyclistes, mais rien n’est encore acté” note le service voirie.
Un des ouvrages d’art les plus emblématiques du secteur - le tunnel sous la Citadelle - fera, lui, l’objet d’une nouvelle grande phase de travaux programmée à l’été 2021. “Il s’agira de traiter les questions de ventilation et de désenfumage. Ce tunnel où transitent chaque jour 12 000 véhicules sera fermé pendant deux mois.”