Ce chrétien n'a pas supporté que l'on boive de l'alcool au pied de l'église Saint-Pierre

C'est l'acte d'un déséquilibré. Un automobiliste de 46 ans a pris à contre-sens la Grande rue pour percuter, à faible vitesse, la terrasse de l'Iguane Café. Pas de blessés. Ce sont des policiers d'une unité spéciale, en train de boire un verre, qui ont appréhendé ce ressortissant centrafricain qui n'a pas cherché à s'enfuir.

Le procureur de Besançon (à droite) et le directeur départemental de la sécurité publique.

C'est un acte qui aurait pu être dramatique. Il s'est finalement bien terminé mais le mode opératoire interroge. Est-ce l'œuvre d'un déséquilibré ? D'un fondamentaliste ? La première piste semble la bonne.
Lundi soir à 23h30, un véhicule descend du rectorat de Besançon, prend la Grande rue à contre-sens. "Il débouche place du 8-septembre, à faible vitesse, s'engage sur la place en direction de l'Iguane Café, indique le procureur de la République Étienne Manteaux. Le véhicule roule à allure modérée, suffisante pour que le cogérant voie ce véhicule. Les clients peuvent se lever, les tables sont heurtées mais personne n'est touché" détaille le procureur. Une antenne du RAID, présente à ce moment-là sur la terrasse du café en civil, remet l'individu à un officier de police judiciaire qui le place en garde à vue.

Son motif ?

L'homme de 46 ans, agent d'entretien à Thise, est un Centrafricain arrivé en 2006 en France et titulaire d'une carte de travail. Il est connu de la justice pour une plainte pour viol dans son entourage familial (2006). Les experts avaient alors conclu à sa non-responsabilité. En 2018, il avait été convoqué pour des faits de violence dans un magasin. Comment explique-t-il son geste ? "Il explique qu'une voix, celle de Dieu, lui parlait. Il se dit chrétien fervent. Pour lui, il est impensable que l'on boive de l'alcool devant les marches d'une église" ajoute le procureur de la République de Besançon. De très nombreuses bibles ont été découvertes chez lui mais aucun élément ne révèle une forme d'intégrisme.