En visite dans le Haut-Doubs, le président de la Région Jérôme Durain a découvert les locaux de la future maison de santé pluridisciplinaire de Bonnétage. À la clé, une opération de séduction pour débloquer des fonds régionaux, nécessaires et indispensables pour ce projet estimé entre 2 et 3 millions d’euros.

Guidé par la maire et conseillère régionale Valérie Pagnot, le président de la Région Jérôme Durain a arpenté les couloirs de la future maison de santé pluridisciplinaire à Bonnétage, route de Besançon. S’émerveillant au passage de la vue sur la campagne du Haut-Doubs, et des vaches dans les champs. Il faut dire qu’à l’intérieur, les couloirs et pièces sont encore vides, en attente de rénovation. Le lieu a été racheté par la commune via l’Établissement public foncier pour éviter qu’il ne se transforme en friche et garder la maîtrise du foncier. “On ne voulait pas d’une coquille vide, il nous fallait des engagements fermes et définitifs avant de lancer la rénovation”, explique la première édile, Valérie Pagnot.

Marie Nézet, directrice de la C.P.T.S. du Pays Horloger, devant les locaux non rénovés de la future maison de santé pluridisciplinaire

Dans ces anciens locaux F.F.B. (La fabrique de fourniture de Bonnétage, installée aujourd’hui à Villers-le-Lac et rachetée par le groupe Swatch) puis A.C. Automation, prendra vie, d’ici 2029 (si tout va bien) une maison de santé pluridisciplinaire. Elle regroupera une dizaine de professionnels de santé - kinésithérapeute, ergothérapeute, pharmaciens, infirmiers, médecins généralistes - mais également des étudiants natifs du coin et qui ont le projet de revenir à Bonnétage. Tous travaillent déjà sur le projet de santé. “J’ai été interpellée par des professionnels de santé qui cherchaient des locaux. Nous avons besoin de renouveler les générations. Sur la communauté de communes, nous avons deux médecins traitants qui ont 60 ans. On essaie d’être proactifs”, observe Valérie Pagnot.

Si le projet bâtimentaire sera adapté aux besoins de chaque spécialité, des logements sont également prévus pour accueillir des médecins juniors. “On travaille le vivier local”, observe Marie Nézet, directrice de la C.P.T.S. du Pays Horloger. Pour cette dernière, faire venir de loin des professionnels qui ne sont pas habitués au Haut-Doubs, à la neige, etc., ne garantit pas qu’ils restent sur le long terme. “L’objectif d’une maison de santé est d’améliorer l’accès aux soins des patients, et offrir le cadre le plus propice aux soignants pour concilier vie personnelle-vie professionnelle. Il n’y a aucun intérêt à promettre de beaux locaux ou une enveloppe budgétaire aux professionnels s’ils ne se sentent pas bien ici. Ils resteront quelques années puis partiront”, poursuit Marie Nézet. “L’idée est d’être facilitant, ajoute Valérie Pagnot. Cette maison de santé est un gros projet intercommunal. Il y en a deux sur le Pays de Maîche, une dans le Val de Morteau (N.D.L.R. : un autre projet est en cours). Le Plateau du Russey est le dernier territoire sans. Qui va porter le projet entre la commune et la com’com ? Tout est à construire, souligne la maire mais également présidente de la C.C.P.R. Nous sommes une petite com’com. Sur des projets comme celui-là de 2 à 3 millions d’euros, nous avons besoin de la Région et de l’État.”

Le président de la Région, Jérôme Durain, en visite dans le Haut- Doubs, a fait une escale à Bonnétage.

“Avoir 4 ou 5 maisons de santé pluridisciplinaires sur le territoire change toute la dynamique”, reprend la directrice de la C.P.T.S. du Pays Horloger. Le projet de santé à Bonnétage pointe l’accessibilité aux soins notamment via des plages horaires. Deux actions de santé publique doivent être programmées, une concerne l’obésité et le surpoids, l’autre sur la prévention des chutes et le maintien de l’autonomie. “Nous incitons à faire des réunions de cas complexes, de se mettre tous autour de la table et d’arrêter de travailler en silo”, conclut Marie Nézet.

Des professionnels ont déjà fait des demandes pour tenir des consultations avancées dans la future maison de santé, en urologie, gynécologie et chirurgie orthopédique. Sur le territoire de la C.P.S.T., il manque entre autres des kinésithérapeutes, des orthophonistes et des dentistes.


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