Léa Mounier cultive des plants (fleurs et aromatiques) au début du printemps puis des légumes et des petits fruits jusqu’à la fin du mois de novembre.
Son parcours relève d’une reconversion professionnelle réussie et d’un concours de circonstances. B.P.R.E.A. (Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole) en poche en 2021, cette ancienne aide à domicile commence à réfléchir à son envie de planter un verger et de produire des petits fruits. “Mon mari, apiculteur amateur, recherchait du terrain pour y installer ses ruches et l’occasion s’est présentée d’exploiter un terrain d’un peu plus d’1 hectare à Cour-Saint-Maurice. Mon projet initial d’arboriculture s’avérait plus compliqué que je ne le pensais en raison du changement climatique”, se souvient Léa Mounier. Elle se relance donc dans la formation maraîchère en effectuant des stages chez des professionnels.

“Entre-temps mon mari a expérimenté de très mauvaises années pour les abeilles et a arrêté l’apiculture, me laissant ce vaste terrain à disposition”, s’amuse-t-elle. “La production en bio était une évidence pour moi et j’avoue avoir encore beaucoup de marge de progression surtout au niveau du travail naturel du sol”, précise-t-elle.
Son exploitation est certifiée Écocert. Elle est contrôlée annuellement et parfois d’une manière inopinée. “Cet organisme de certification travaille main dans la main avec nous sur les aspects pratiques et surtout sur les aspects administratifs et législatifs difficiles à suivre pour de très petites exploitations”, note-t-elle. L’interdiction d’utiliser des intrants, engrais industriels et produits phytosanitaires, impose un travail préventif de protection des cultures.
“J’utilisais des produits naturels à base de micro-organismes pour cicatriser et renforcer les plantes. Je protège mes cultures des chenilles avec des voiles”, ajoute Léa. Elle attache également une grande importance à la biodiversité en entretenant les haies qui bordent sa parcelle et en pratiquant une fauche tardive sur la partie non-exploitée. Elle permet ainsi aux oiseaux, chauves-souris et coccinelles d’éliminer les insectes nuisibles. Dès mi-mars, Léa propose à la vente des plants pour les potagers (légumes et aromatiques) et des fleurs. La saison démarre réellement à la mi-mai où progressivement carottes, salades, poireaux, épinards, oignons, concombres, haricots, tomates… sortent de terre.

À partir de juin, les petits fruits sont disponibles, fraises, cassis, groseilles, mûres et rhubarbe enrichissent son étal. Sa production s’arrête fin novembre, lui laissant quelques mois pour préparer son terrain, planifier ses prochaines productions, réparer et monter ses serres, entretenir son matériel et bien sûr traiter le travail administratif et la comptabilité. “Cour-Saint-Maurice est à 550 mètres d’altitude et limite donc ma production à 8 mois pendant lesquels je dois assurer mon salaire pour l’année”, ajoute Léa. Elle s’est constitué une bonne base de clientèle au marché de Maîche le samedi. Elle commercialise aussi sa production aux points de distribution de produits locaux “Locavore” de Charquemont et Morteau ou sur commande directe par S.M.S. (06 32 40 43 38). “Le bio a régressé ces dernières années parce que les gens pensent que c’est plus cher… mais c’est surtout le cas dans la grande distribution. Mes clients sont contents parce qu’ils attendent ce type de production et que je suis la seule sur le secteur”, conclut Léa Mounier.
