Créée en 2023, l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger ne cesse de voir sa file active augmenter. En trois ans, elle a accueilli plus de 1 000 enfants. Grâce à la générosité de mécènes, ce service hospitalier a pu adopter un chien de soutien formé à l’accompagnement de personnes vulnérables. L’effet de cette boule de poils a été immédiat

Elle a tout juste un an, son pelage brun tout doux appelle les caresses. Si Anis est énergique comme tout jeune chien, elle s’approche volontiers des personnes, se couche les pattes en l’air pour réclamer des caresses. Elle est équilibrée et attentive. L’atmosphère s’adoucit immédiatement, les sourires pointent facilement sur les visages. Anis a été dressée pendant plus de 8 mois par l’association Adapt’on Chien, association de formation de chiens de soutien.

Anis a intégré l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger à la fin février (photo C.H.U. Besançon-Franche-Comté).

Elle a été préparée pour intervenir auprès d’enfants et d’adolescents confrontés à des situations particulièrement difficiles, victimes de maltraitances, de violences, de harcèlement, témoins de violences conjugales, etc. Depuis la fin février, elle a intégré l’unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger (U.A.P.E.D.) du C.H.U. Besançon-Franche-Comté. Une jeune patiente a écrit : “Je pense qu’Anis m’a beaucoup aidée, elle était à mes pieds quand j’ai parlé, ça m’a rassurée, c’était sympa.” “Le but est d’apaiser les enfants, de libérer la parole, explique le Dr Adèle Schiby, pédiatre au sein de l’unité. Souvent, on a des enfants complètement prostrés, qui ont subi des violences. En caressant un chien qui peut les accompagner pendant la prise en charge, ils s’apaisent. Nous avons eu une jeune fille qui pleurait tout le temps, le chien s’est couché à ses pieds, elle s’est calmée.” La médecin a accepté d’être la référente d’Anis et de l’accueillir chez elle, lorsque la chienne n’est pas dans le service. Elle y sera à 50 %. La présentation avec les enfants se fait dans le salon d’accueil si l’enfant est d’accord. Ensuite, Anis l’accompagne dans la salle d’examen, elle peut être présente pendant une prise de sang.

Anis a été dressée spécifiquement pour intégrer l’U.A.P.E.D. Créée en 2023, cette unité d’accueil pédiatrique des enfants en danger “répond à la nécessité de structurer une offre de soins spécialisée pour les mineurs victimes de violences, conformément aux orientations du Plan national de lutte contre les violences faites aux enfants 2020-2022”, précise le C.H.U. Ce service compte deux pédiatres, des puéricultrices présentes à 100 %, une psychologue et une secrétaire.

“Les enfants sont adressés soit par la justice, qui sont vus par un médecin légiste, soit par d’autres professionnels de la petite enfance”, poursuit le Dr Schiby.
Anis et sa référente, le Dr Schiby.

En trois ans, plus de 1 000 enfants ont été accueillis, 600 consultations ont eu lieu en 2025, contre 300 en 2024. “Nous avons de plus en plus de demandes. En 2027, nous aurons une salle d’audition ce qui permettra de réunir en un seul lieu et unité de temps la prise en charge médicale et judiciaire”, remarque la pédiatre.

Si l’U.A.P.E.D. permet des consultations longues, le suivi reste à court terme, jusqu’à ce qu’il y ait un suivi adapté pour la prise en charge du patient. Le projet d’un chien de soutien a été porté financièrement par le fonds Phisalix et a bénéficié du soutien de la Fondation Crédit Agricole Franche-Comté et du Lions Club Besançon Cité.