Au C.H.U. de Besançon, l’association Sourire à la vie propose aux enfants atteints de cancer des séances d’activité physique adaptée. L’objectif est d’éviter la perte musculaire tout en offrant un petit moment de répit.

Il y a la salle d’école, le salon des parents, puis la salle de sport. C’est dans ce couloir, à l’entrée du service d’hématologie-oncologie pédiatrique, que se trouvent les petits conforts mis en place par l’hôpital et les associations pour adoucir le quotidien des enfants malades et de leurs familles. Depuis 5 ans, l’association Sourire à la vie est présente au sein du C.H.U. de Besançon, elle est la seule antenne de Franche-Comté (la grande région en compte une à Dijon, depuis peu).

La structure dispense des séances d’activité physique adaptée pour les enfants souffrant de cancer, hospitalisés dans le service ou en hôpital de jour, et propose des séjours pour ceux qui ont terminé leur traitement. Dans la salle de sport installée au C.H.U., des équipements comme un tapis de course, un sac de boxe gonflable, des matelas, des raquettes ou encore des cerceaux attendent d’être utilisés.

Manon Girard est enseignante en activité physique adaptée auprès des enfants.

"Une fois que le diagnostic est posé, on leur laisse un peu de temps pour digérer. Ensuite, on leur propose des séances de sport entre 20 et 40 minutes, dans la salle de sport, ou pour ceux qui ne peuvent pas, dans leur chambre. Ceux qui sont en hôpital de jour, c’est dans les couloirs", explique Manon Girard, enseignante en activité physique adaptée pour Sourire à la vie.

L’objectif est multiple : éviter au maximum la perte musculaire, alors que ces jeunes patients sont souvent alités, et favoriser la sociabilisation. "Pour ceux qui le veulent et le peuvent, on peut faire des séances en petit collectif, à deux ou trois, relève Manon Girard. Les parents ont le temps de souffler."

Moment d’évasion pour certains, quand d’autres sont plus réticents, ces séances de sport ont le mérite de faire sortir de la chambre, de sortir des médicaments, des médecins. "Je vois la différence même par rapport à l’humeur, constate l’enseignante. Ça joue aussi sur la fatigabilité, la perte musculaire, parfois aussi sur les effets secondaires des traitements. C’est adapté selon l’état de forme de l’enfant, je suis en lien avec les équipes soignantes. Parfois, ce sont les médecins qui viennent me voir pour un patient." Certains fixent même avec Manon un programme sportif.

L’association Sourire à la vie suit environ 80 enfants. Chaque année, entre 8 et 10 enfants qui ont été hospitalisés à Besançon et qui ont fini leur traitement, partent en séjour à Marseille. "On voit l’importance de ces séjours, le bénéfice de revenir dans une collectivité, l’autonomisation, observe Manon Girard. On suit pendant et après les traitements, le retour à la maison est parfois un peu difficile." Tous les ans, l’association propose un séjour en février à Arc-sous-Cicon.

Prochainement, le 23 mai, la course des Flammes - une course d’orientation - réunit dans la forêt de Chaux les familles adhérentes à l’association. En août, un raid V.T.T. entre Lamoura et Pontarlier est organisé en partenariat avec les jeunes de l’association Générations Grenier solidaires (du collège Grenier de Pontarlier). Chaque expédition, chaque séjour, chaque séance de sport est pris en charge par Sourire à la vie. Seule une adhésion de 10 euros est demandée. À Besançon, le C.H.U. prend en charge la cotisation des enfants malades.