Sommé par l’association de protection des animaux sauvages du Doubs (A.S.P.A.S. 25) de suspendre la chasse au chamois, le préfet du Doubs réitère son refus.

Il insiste Jean Chapuis, le délégué départemental de l’A.S.P.A.S., en multipliant les plaidoyers anti-chasse et vise particulièrement la chasse au chamois qu’il juge comme un acte de massacre de la biodiversité locale. “Le préfet s’apprête à autoriser à nouveau pour la saison prochaine l’abattage de plus de 300 chamois au nom d’une activité de loisir récréative. C’est scandaleux. Il n’y a aucune légitimité écologique et environnementale à tuer des chamois dans le Doubs” commente le défenseur des animaux. Le délégué de l’A.S.P.A.S. réclame au préfet un moratoire de 3 années au minimum sur la chasse au chamois.

La chasse au chamois est autorisée, ce qui fait bondir l’A.S.P.A.S. (photo Louis Schroter).

Mais la position de Rémi Bastille, le préfet du Doubs reste inflexible. “La loi française est claire, elle définit un certain nombre d’espèces chassables, dont le chamois, il n’y a aucune raison à ce que j’enfreigne la loi” se défend le préfet Rémi Bastille qui considère toutefois un débat sur la chasse “tout à fait légitime.” Le plan de chasse est d’ailleurs adapté chaque année en fonction de la baisse de la population de chamois ajoute le représentant de l’État. Une baisse qui s’expliquerait selon lui non pas par la chasse mais à cause des phénomènes de dérèglement climatique.

La baisse du nombre de chamois est en effet alarmante pour l’A.S.P.A.S. Selon l’association, 1 396 chamois avaient été comptés en 2023, et 1 140 seulement en 2024, “soit une baisse de près 20 % sur une seule année”, d’où le moratoire réclamé par l’association. Sur les 5 dernières années, les propositions d’abattage maximum de chamois - permis de tuer - proposé par la préfecture du Doubs via la D.D.T. ont été de 3 350 chamois, pour 2 300 animaux effectivement tués. L’A.S.P.A.S. dénonce également l’existence d’une chasse d’été, au chevreuil cette fois-ci. “On n’en parle jamais mais la chasse d’été au chevreuil ouvre le 1er juin, avec des centaines d’animaux qui seront encore tués sur cette période, avant que la chasse d’automne rouvre en septembre avec le nouveau plan de chasse. On s’insurge également contre cette chasse d’été” ajoute M. Chapuis.

Dernière polémique en date concernant le plan de chasse : le projet d’arrêté préfectoral pour le prochain plan de chasse ne serait, selon un récent article du Canard Enchaîné, qu’un copié-collé parfait d’un document écrit par la Fédération des chasseurs du Doubs. “Une polémique stérile et pleine de mauvaise foi” se défend le préfet Rémi Bastille qui précise que le cadre réglementaire des plans de chasse est reconduit d’une année sur l’autre et que la contribution de la Fédération des chasseurs n’empêche pas les services de l’État de travailler sur la base des travaux de la commission départementale de la chasse “au sein de laquelle tous les membres sont libres d’apporter leur contribution” dit-il.