Le téléphone n’en finit pas de sonner en ce mois de septembre chez le président de la Fédération des comices du Doubs qui découvre les coulisses de l’organisation du plus gros rassemblement de vaches montbéliardes en France.
C’est à dire : Pouvez-vous rappeler les raisons qui ont conduit la Fédération à organiser ce Super comice à Morteau et non à Pontarlier ?
Richard Ielsch : Rappelons qu’il n’y a aucune animosité vis-à-vis de Pontarlier qui accueille habituellement le Super comice. On y retournera en 2030. La capitale du Haut-Doubs nous a d’ailleurs prêté du matériel pour cette nouvelle édition. Le déplacement à Morteau relève d’abord d’un choix sanitaire en sachant qu’on ne pouvait pas déplacer du bétail d’une zone indemne de la D.N.C. vers une zone vaccinale. Si on avait choisi de rester à Pontarlier, on se privait de 30 % des participations, à savoir les sept comices situés en zone vaccinale.

Càd : Le Super comice est soumis à des contraintes sanitaires ?
R.I. : Les éleveurs situés en zone vaccinale devront être en règle de vaccination. Ils recevront la visite d’un vétérinaire sur leur exploitation en sachant que la totalité de leur troupeau devra être vaccinée.
Càd : Les résultats des comices cantonaux reflètent forcément les sélections pour le Super comice ?
R.I. : Non, car les éleveurs qui ne pouvaient pas participer à certains comices peuvent s’inscrire au Super comice. Les championnes des comices cantonaux ne sont pas sélectionnées systématiquement. Il y aura des tris. Chaque comice se voit attribuer un nombre d’animaux calculé en fonction de la taille dudit comice. Pour participer au Super comice, les vaches doivent obligatoirement être inscrites à leur comice. Le Super Comice rebat toutes les cartes.
Càd : Le Super comice est vraiment hors normes ?
R.I. : « C’est l’équivalent des J.O. de la race montbéliarde. » Un événement très attendu avec 600 montbéliardes en provenance des 20 comices. Soit entre 350 et 400 fermes. Il y aura 25 chevaux comtois et 70 exposants-partenaires.
Càd : Vous êtes toujours engagé dans la reconnaissance des comices au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?
R.I. : Oui, plus que jamais. Depuis le 19 décembre 2025, les comices du Doubs sont officiellement inscrits au patrimoine immatériel français. On recense actuellement tous les territoires qui organisent des comices. Ils correspondent aux grands bassins d’élevage français. Cet inventaire servira à créer une fédération nationale qui sera incluse au dossier Unesco. Le traitement du dossier prendra environ deux ans.
Càd : Que faut-il retenir de cette dimension Super Comice ?
R.I. : Cet événement comme les comices sont toujours très attendus. Ils jouent un rôle très fédérateur entre les bénévoles, les associations, le monde agricole. Au Super Comice, la ruralité va à la rencontre des citadins. C’est un temps de partage, de convivialité où l’on peut échanger sur nos métiers. On peut aussi considérer que c’est une victoire du collectif.
