La hausse de l’insécurité routière observée ar les forces de l’ordre se vérifie aussi dans l’activité des pompiers du Haut-Doubs, de Maîche au Mont d’Or en passant par Valdahon, Morteau et Pontarlier.

Le nombre d’accidents routiers nécessitant une intervention des pompiers est en légère progression depuis quelques années. “La mortalité a beaucoup augmenté avec 14 décès sur les routes du Haut-Doubs en 2025 : 6 automobilistes, 6 motards, un piéton et un cycliste”, observe le commandant Romain Pichon, chef du centre de secours principal de Pontarlier et de la compagnie de 10 casernes rattachées à la capitale du Haut-Doubs. Il assure aussi la coordination entre les compagnies de Pontarlier, Les Hôpitaux-Neufs, Morteau et Valdahon.

Romain Pichon, chef du centre de secours principal de Pontarlier et des 9 casernes de la 11ème compagnie du S.D.I.S. 25.

Le nombre d’accidents de la circulation évolue plus vite dans le Haut-Doubs qu’ailleurs. “En nombre, cela représente 11 % de l’activité des pompiers du Haut-Doubs contre 8 % dans le Doubs. Rapportés à la durée d’intervention, les accidents sur le Haut-Doubs mobilisent 17 % du temps des pompiers du Haut-Doubs”, complète le commandant Pichon en poste depuis septembre 2024 à Pontarlier.

Un accident de la route mobilise en moyenne 8 pompiers avec une ambulance, un véhicule de secours routier et une unité de commandement chargée de coordonner l’opération. “On fait de moins en moins de désincarcération car les voitures sont de mieux en mieux équipées. Pour autant, les interventions sont de plus en plus complexes car elles doivent prendre en compte l’évolution du parc automobile. Le développement du parc automobile électrique implique d’être très vigilant avec les batteries par exemple.”

L’année 2025 a été notamment marquée par l’accident survenu le 23 avril entre deux camions sur la R.N. 57 dans le bois entre Saint-Lazare et la Vrine. Une vingtaine de pompiers avait été mobilisée pendant une demi-journée dans ce drame qui avait coûté la vie à l’un des chauffeurs, l’autre ayant été grièvement blessé.

L’arrivée des beaux jours est propice aux accidents de motos. Conditions de circulation parfois plus dangereuses dans le Haut-Doubs qu’en plaine, pics de circulation avec les mouvements frontaliers ou en période touristique : tous ces facteurs expliquent en partie que les risques d’accidents soient plus élevés dans le haut du département. Sans compter bien sûr les facteurs humains : alcool, vitesse, stups, utilisation du téléphone.

Les pompiers du Haut-Doubs sont-ils en capacité de gérer cette recrudescence ? “Globalement, on fait face à toutes les situations en sachant qu’on peut au besoin s’appuyer sur le maillage territorial du S.D.I.S. qui regroupe 70 casernes, soit 3 000 pompiers dont 2 500 volontaires. On travaille aussi de concert avec les policiers, les gendarmes, les gestionnaires du réseau routier pour gérer au mieux cette problématique.”

Interrogé sur les agressions vis-à-vis des pompiers, le commandant Pichon note que ce phénomène plutôt urbain tend à se propager en zone rurale. “On parle de situations violentes en intervention. Ces agressions restent encore marginales dans le Haut-Doubs et se produisent le plus souvent sur fond de misère sociale. Dans le Doubs, le S.D.I.S. a pris les choses en main pour protéger ses agents en mettant en place des formations, en les équipant de caméras-piétons, sans oublier l’appui de services aux pompiers victimes d’agressions.”

Zoom - Les accidents de circulation dans le Haut-Doubs

  • 2023 : 566 Accidents sur la voie publique - 857 victimes dont 5 décédées, 92 blessés graves
  • 2024 : 611 Accidents sur la voie publique - 922 victimes dont 6 décédées, 76 blessés graves
  • 2025 : 584 Accidents sur la voie publique - 883 victimes dont 14 décédées, 56 blessés graves