Le constructeur de maisons bois suit de près les exigences des différentes réglementations thermiques. Mais autant qu’au climat, le constructeur doit s’adapter aux réalités du marché.

Pour Ghislain Tisserand, le président de la société Finnest basée sur la zone des Dolines au Bas-de-la-Chaux (Le Bélieu), les contraintes administratives et les réalités du marché pèsent beaucoup plus que les exigences en matière de sobriété énergétique et thermique.

Ghislain Tisserand, le président de Finnest, déplore aussi la lourdeur administrative dans le domaine de la construction

“Les constructions en madriers, notre spécialité, ont par nature d’excellents résultats en termes d’isolation. Elles gardent bien la fraîcheur l’été et la chaleur l’hiver. Et nous insistons systématiquement sur une excellente isolation du toit, des murs et du sol” observe le dirigeant. À ces exigences thermiques, Finnest y ajoute la plupart du temps d’autres dispositifs comme les brise-soleil orientables, ou des débords de toit plus larges pour peu que le client soit d’accord de supporter le surcoût lié à ces équipements supplémentaires. “Pour optimiser le tout, on équipe souvent nos volets roulants de capteurs avec sonde, qui baissent ou montent les volets roulants automatiquement en fonction de l’orientation du soleil. Tous ces dispositifs permettent à nos maisons de garder la fraîcheur l’été, nos clients s’en sont aperçus cet été notamment.”

Mais les réglementations thermiques et énergétiques imposées par l’État - R.T. 2012 comme R.E. 2020 - ont eu un autre impact sur les constructions : la hausse des coûts. Ajouté à l’inflation des matières premières à partir de 2022, le coût de la construction a subi un coup de chaud qui ne retombe pas. D’où la nécessité pour un constructeur comme Finnest d’élargir sa panoplie. “Depuis 2021, les coûts de construction ont augmenté de 15 % estime Ghislain Tisserand. Après la sortie du Covid, nous avions atteint un pic en termes de nombre de maisons construites. Depuis, nous n’arrivons pas à retrouver ce niveau d’activité, à cause de cette hausse des prix.”

Et même si notre région frontalière reste encore privilégiée par rapport à d’autres secteurs, “ça reste compliqué, d’autant plus qu’il y a de moins en moins de terrains à vendre.” Sans parler de la question de l’eau, un bien devenu si précieux que certains secteurs du département, à l’image de la région de Métabief, ont quasiment stoppé tout projet de nouveaux lotissements ou de nouvelles constructions. “À tel point qu’on se demande ce que va être l’habitat de demain !” interroge le patron de Finnest.

Pour lutter un peu mieux contre la chaleur, les maisons Finnest peuvent être équipées de débords de toit plus larges

La société du Bas-de-la-Chaux propose ainsi à ses clients de nouvelles solutions : constructions traditionnelles (un peu moins cher que l’ossature bois), maisons jumelées ou petits collectifs. Des projets sont en cours à Grand’Combe-Châteleu (2 X 5 maisons), un autre de 8 logements à Villers-le-Lac, un troisième à Pontarlier, un autre dans le Haut-Jura… De quoi diversifier son offre, s’adapter à une conjoncture et un environnement qui change, et maintenir suffisamment d’activités pour la quarantaine de salariés qu’emploie le constructeur. “Nous n’avons pas d’autre choix que de nous adapter !” conclut le dirigeant qui déplore en même temps la lourdeur des procédures administratives en matière de construction. Un autre élément qui vient s’ajouter à la complexité de la conjoncture.


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