Le micro-musée de Chasnans, dédié au quotidien de la vie villageoise, abrite en son sein un casque allemand de la Seconde guerre mondiale, retrouvé en 2021 lors de travaux à Nods. Julie Journot, de l’association Mémoires de nos pères a retracé son histoire.
C’est une sorte de caverne d’Ali Baba, soigneusement conservée par Jean-Paul Lanchy. Le natif de Chasnans, passionné d’histoire, a créé avec son ami Jean-Luc Guéringue, le micro-musée de Chasnans en 2023. “On a six villages, six mairies inoccupées, les habitants ont toujours des scrupules de jeter des anciens objets lorsqu’ils vident une maison”, explique Jean-Paul Lanchy. Les deux amis démarchent la municipalité qui installe le micro-musée à Chasnans, dans l’ancienne mairie. Là-bas, il est possible d’admirer le drapeau révolutionnaire de Chasnans datant de 1790. “Il a été trouvé par le commissaire-priseur Jean-Paul Renoud-Grappin qui habitait Chasnans”, poursuit Jean-Paul. Parmi la multitude d’objets collectés grâce aux dons des habitants, le bénévole retient en particulier un : une poupée offerte à une petite fille handicapée du village par Madame De Gaulle en 1962 lors d’une visite. Le carton et le mot d’Yvonne De Gaulle sont restés intacts.

Trois salles composent le musée, l’une sur les objets de la vie courante, la deuxième sur les anciennes écoles, les objets agricoles et de fromagerie, et la troisième, sur l'histoire locale, et notamment les deux guerres mondiales. C’est dans celle-ci que l’on peut observer un casque allemand, retrouvé parmi d’autres en 2021 lors de travaux d’assainissement derrière l’église à Nods.

Julie Journot, de l’association Mémoires de nos pères, entreprend des recherches sur ces soldats allemands inhumés en septembre 1944 après la Libération du village. “Nods a été une terre de combats, deux F.F.I. et 12 Allemands ont été tués lors de la Libération”, retrace Julie Journot qui a déniché dans l’état civil du village un acte de décès collectif. “Le Docteur Jean Jacquard avait pris note des plaques d’identité des militaires allemands avant les inhumations. C’était une suite de lettres et de chiffres, il n’y avait pas de nom ni de régiment”, poursuit la passionnée de recherches historiques. Cette dernière sollicite la Bundesarchiv en Allemagne qui conserve les données des militaires rattachés à la Wehrmacht. Julie Journot découvre des informations personnelles sur ces dix soldats allemands identifiés, qui arrivaient de Besançon. “Dans les années 1970, leurs corps ont été relevés et enterrés dans un cimetière allemand en Meurthe-et-Moselle. On ne sait pas pourquoi les casques sont restés sur place, c’est un mystère.” Si Julie Journot a fait ouvrir de nombreuses archives, allemandes mais aussi américaines, l’histoire des soldats allemands de Nods a été oubliée au village. La jeune femme, accompagnée de Jean-Paul Lanchy a donné une conférence sur ces recherches à l’occasion du 8 mai. La famille de Jean Jacquard était présente, de nombreux témoignages ont pu être récoltés. Julie Journot et Jean-Paul Lanchy s’attellent déjà à un nouveau projet : retrouver les familles des soldats allemands.

