À 34 ans, Tiphaine Beaune, chocolatière à Valdahon, a vu son travail récompensé lors d’un concours mondial. Si rien ne prédestinait la jeune femme à la chocolaterie, son parcours, guidé par l’attrait du cacao, l’a mené de l’archipel des Vanuatu à Valdahon.
Entre Tiphaine et la chocolaterie, l’histoire commence à des milliers de kilomètres de la France, en 2017. Sur l’archipel du Vanuatu dans le Pacifique Sud, dans une plantation de cacao, très reculée. Pour y accéder, il faut une heure de vol en coucou depuis l’île principale du Vanuatu puis encore une heure de piste. Là-bas, la jeune femme de 25 ans, tout juste diplômée comme ingénieure en agro-développement international pour les cultures tropicales, gère la plantation.
Si Tiphaine s’intéresse très tôt à la culture du cacao, elle découvre au Vanuatu toutes les ficelles du métier. “On peut dire que je suis tombée dans le cacao. Cela a été une révélation pour moi de découvrir toute la culture du cacao. Comment de cette fève de cacao, on arrive à faire du chocolat”, resitue la chocolatière.
C’est à cette période qu’elle découvre le mouvement Bean to Bar, fondateur dans son parcours. “C’est un mouvement né aux États-Unis en 2000 dont le but est de revaloriser la filière cacao. Les membres de ce mouvement transforment la fève de cacao en chocolat de manière artisanale. Nous sommes très peu à le faire. On travaille sur toute la filière et on garde le rapport avec les producteurs et la matière première. L’association réunit des chocolatiers autour des mêmes valeurs et d’une même philosophie : faire du chocolat vertueux en toute transparence.”
Tiphaine reste deux ans sur la plantation puis retourne en 2019 en France avec l’idée de repartir travailler sur une autre plantation. Las, la crise du Covid redessine les plans de la jeune femme. Son conjoint, qui l’avait suivie au Vanuatu, saisit l’opportunité de s’installer à son compte comme métallier-soudeur à L’Hôpital-du-Grosbois. Tiphaine installe donc ses valises dans le Doubs, là où elle est née mais y a peu vécu jusqu’alors.
Dans sa tête trotte l’idée d’ouvrir sa boutique, elle ne laissera d’ailleurs pas de place pour d’autres projets. Tiphaine obtient son C.A.P. chocolaterie en candidat libre en 2021. Si elle apprend les gestes et le travail du chocolat lors de stages, elle s’autoforme à la transformation de la fève de cacao en chocolat. Car pour la jeune femme, il est hors de question de recourir aux pistoles de chocolat à acheter. Cela devient d’ailleurs sa marque de fabrique, de la fève à la tablette, lorsqu’elle crée son entreprise en juillet 2021, La Beaune Tablette.
En 2022, elle intègre l’association Bean to bar France. Elle installe son laboratoire d’abord à L’Hôpital-du-Grosbois puis à Ornans avant de dénicher le local adéquat à Valdahon, dans une ancienne boulangerie. Après six mois de travaux, sa boutique ouvre en octobre 2024. Tiphaine s’entoure d’une équipe de 4 femmes. Elle travaille avec cinq origines de fèves différentes : du Vanuatu, du Nicaragua, du Madagascar, d’Inde et des Philippines. “On favorise l’agroforesterie et les petits producteurs. Chaque terroir a des arômes différents, fruités, fruits rouges, agrumes, cacaotés, etc.”, détaille la chocolatière.
En mai dernier, elle reçoit une belle reconnaissance de son travail. Elle obtient quatre médailles (deux de bronze, une d’argent et une d’or) lors du concours Chocolate Award, pour ses tablettes Lait de coco, gianduja et Philippines 70 % cacao Mana.
Le cacao, Tiphaine Beaune l’a dans le sang et s’attelle, grâce à son engagement, à transmettre le bon goût du chocolat, fabriqué dans les règles de l’art.
