Les trois sénateurs du Doubs remettent leur siège en jeu le 27 septembre lors des élections sénatoriales. Deux des trois sénateurs sortants devraient être réélus, il y aura plus de suspense pour le troisième siège.
Trois nouveaux sénateurs seront élus au soir du 27 septembre prochain dans le Doubs. Il s’agira de reconduire, ou de remplacer, les trois actuels sénateurs élus en 2020 (le mandat des sénateurs est de 6 ans renouvelables) : Jacques Grosperrin (L.R.) et Jean-François Longeot (Union du centre), élus pour la première fois en 2014 et qui briguent donc tous les deux un troisième mandat d’affilée. Ainsi qu’Annick Jacquemet (Union du centre) qui avait été élue en 2020, un peu à la surprise générale, en tant que candidate en seconde place sur la liste conduite par M. Longeot.
Les trois sénateurs sortants se représentent. Avec le jeu des partis et des équilibres politiques dans le Doubs, les deux premiers devraient normalement retrouver sans souci leur fauteuil. Jacques Grosperrin devant notamment bénéficier des nombreux grands électeurs de Besançon, ville désormais à droite. Et Jean-François Longeot, particulièrement bien implanté en milieu rural, devrait avoir à nouveau la confiance des élus locaux.
Le challenge risque d’être beaucoup plus compliqué pour Annick Jacquemet qui avait été élue en 2020 à la faveur du score canon établi par la liste Longeot. La règle électorale veut que le deuxième de liste est élu s’il obtient 50 % de plus que le meilleur de toutes les autres listes. La liste Longeot ayant réalisé un peu plus de 35 % des voix la dernière fois, elle avait pu faire élire Mme Jacquemet.
Cette performance avait été rendue possible grâce aux divisions de la gauche sociale-démocrate qui présentait deux candidats, Nicolas Bodin et Barbara Romagnan. Cette fois-ci, elle mise sur Arnaud Marthey, le maire de Baume-les-Dames qui pourrait permettre à la gauche de retrouver un des trois sièges de sénateurs perdu en 2020. À moins que les autres listes de gauche ne viennent perturber les plans du P.-S. Le P.C.F. menaçait d’aligner un candidat si la gauche reste désunie. Et surtout la liste L.F.I. pour la première fois présente pour des sénatoriales dans le Doubs.
Cette liste des Insoumis sera tirée par Geoffroy Lang, conseiller municipal d’opposition à Montbéliard. Une liste composée notamment de la Bisontine Séverine Véziès en deuxième position et du Pontissalien Cédric Laithier en troisième position. La présence de L.F.I. à ce scrutin montre la tentative d’implantation progressive suivie par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon dans toutes les strates électorales du territoire. “Le point le plus important de notre candidature aux sénatoriales, c’est de défendre la capacité d’investissement des collectivités locales. Nous prônons notamment l’indexation à l’inflation des dotations de l’État pour les communes” indique Geoffroy Lang.
Les cartes électorales seront également rebattues cette année par la candidature en deuxième position sur la liste de Jacques Grosperrin de Christine Bouquin, la présidente du Département du Doubs. Bien implantée également en milieu rural, l’ancienne maire de Charquemont devrait également engranger de nombreuses voix, réduisant encore la marge de manoeuvre d’Annick Jacquemet pour une éventuelle réélection. À noter que sur la liste de Jacques Grosperrin figure en troisième place le maire de Morteau Cédric Bôle. Sur celle de Jean-François Longeot, en quatrième place on trouve le maire d’Arçon Fabrice Henriet.
Le R.N., emmené par l’actuelle députée Géraldine Grangier devrait également présenter une liste. Fin août, la position des écologistes était encore incertaine.
Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas élus par tous les citoyens, mais par un collège de “grands électeurs”, essentiellement des élus locaux, parce que le Sénat représente les communes. Dans les circonscriptions comme le Doubs où sont élus trois sénateurs (et plus), c’est le scrutin proportionnel qui s’applique. Les candidats se regroupent sur des listes comportant autant de noms que de sièges à pourvoir, plus deux, avec une alternance homme femme. Les listes sont bloquées et les électeurs ne peuvent pas panacher. Les sièges sont répartis entre leslistes selon les voix obtenues.
Le Doubs compte 1 650 grands électeurs. 95 % d’entre eux sont des élus municipaux (maires, adjoints ou conseillers) désignés pour voter par leurs conseils municipaux respectifs. Les 5 % restants du collège électoral qui élit les sénateurs, ce sont les députés, les conseillers régionaux de Bourgogne-Franche-Comté du Doubs, et les conseillers départementaux du Doubs.
