C’était son rêve d’avoir un jour la nationalité française. C’est chose faite ! Azara Potura vient d’obtenir ses papiers après un long parcours administratif alors qu’elle était entrée clandestinement en France en 2005. Installée à Levier depuis 20 ans, c’est là que cette femme d’origine bosnienne a reconstruit sa vie avec ses deux enfants.

En 2010, nous avions laissé Azra Potura-Kabilovic et ses deux enfants dans leur petit appartement du centre d’accueil de demandeurs d’asile de Levier. À l’époque, cette mère de famille d’origine bosnienne venait d’obtenir de la préfecture de Région l’autorisation de rester sur le territoire français. Un soulagement pour elle et les siens qui étaient entrés en France clandestinement cinq ans plus tôt. L’horizon venait de s’éclaircir pour cette femme qui allait pouvoir demander la nationalité française qu’elle rêvait d’obtenir. Le temps a passé.

Azra Potura est fière de montrer son passeport français.

Azra a repris contact avec la rédaction début mai. C’est avec une voix pleine d’émotion et des larmes dans les yeux qu’elle nous a annoncé la bonne nouvelle. “Je suis Française ! Je le suis officiellement depuis le 22 novembre !” répète-t-elle, heureuse. “J’ai parcouru le Journal officiel. Quand j’ai découvert mon nom, je n’y croyais pas.” Après un long parcours administratif, elle a fini par obtenir la nationalité dont elle rêvait, se débarrassant dans le même temps de ce statut d’étrangère qu’elle a trop souvent perçu dans des regards malveillants. “En France j’étais une étrangère. Je l’étais devenue aussi en Bosnie où je ne me sentais plus à ma place. Je n’étais nulle part chez moi. Ces papiers, c’est le document qui me manquait pour que j’appartienne à une nation. Et ça change tout !”, dit-elle en présentant fièrement son passeport tricolore.

Fin mai, Azra n’avait pas encore partagé la nouvelle avec ses collègues de la maison de retraite où elle travaille depuis une quinzaine d'années. Jusqu’à présent elle a préféré rester discrète, mettant dans la confidence ses amis proches, de Levier, qui la soutiennent depuis toutes ces années. Il y a longtemps qu’elle a quitté le C.A.D.A. pour louer un appartement à Levier chez un bailleur privé.

Car c’est bien dans le Haut-Doubs qu’elle a construit sa vie, et qu’elle continue de se projeter. C’est là que ses enfants ont suivi leur scolarité. Aujourd’hui Hajro, 25 ans et Hamza, 23 ans poursuivent leurs études. Le premier est diplômé d’une business school de Montpellier et le second est en 3ème année de science des données à l’Université Marie et Louis Pasteur. Ces deux garçons sont la preuve que l’école de la République permet à chacun de trouver sa voie. Eux ont pris leur envol, encouragés par leur mère dans un parcours qu’ils ont choisi. “C’est une vraie aventure de vie que nous avons vécue. Nous avons eu de l’aide à Levier. J’ai eu une enfance normale. Pour cela, je peux remercier ma mère. C’est une chance”, reconnaît Hajro qui travaille actuellement pour Véolia.

De son pays d’origine, Azra a gardé un accent - elle parle plusieurs langues. Un accent qui raconte un peu son histoire lorsqu’elle parle français. “Pourquoi c’était important pour moi de devenir française ?” reprend-elle, en allumant une cigarette. “Car je retrouve ici mes valeurs. Ici je peux vivre libre comme je suis.” Azra entend bien jouer son rôle de citoyenne. Prochaine étape : l’élection présidentielle de 2027. Elle a hâte de prendre part au débat et de voter.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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