Pour savoir si les populations de sangliers, chevreuils, chamois, cerfs ont été affaiblies par l’été caniculaire, Jean-Maurice Boillon, le président de la fédération de chasse du Doubs, estime qu’on pourra mesurer cet impact en chassant, par l’analyse de l’état du gibier effectué à chaque prélèvement. Explications
« L’impact de la sécheresse ? On ne pourra le connaître qu’avec la pratique de la chasse. C’est quand on sera sur le terrain qu’on verra si les chevreuils sont affaiblis ou atteints de maladies. À chaque prélèvement, l’animal est pesé. Si des signes de maladies sont observés, ils sont aussi notifiés. Ce serait donc stupide de se priver de chasse. On a besoin de cette connaissance pour anticiper la prochaine campagne et définir les plans de gestion. C’est important de ne pas mettre de trous dans les suivis statistiques », explique Jean-Maurice Boillon.

De ses propres observations dans la vallée de la Brême où il réside, le président de la Fédération ne voit pas trop de signes négatifs. « Les animaux étaient peu visibles pendant la canicule. Ils se mettaient à l’abri comme les humains. Après la reprise de pousse, on peut à nouveau les apercevoir. »
Le contexte climatique aura-t-il aussi un impact sur les dégâts de gibier ? « On sait que l’on est dans une année catastrophique pour les agriculteurs qui n’ont pas pu récolter les fourrages escomptés. Les sangliers ont profité des quelques pluies pour se remettre à vermiller au grand dam de la profession. Il y a aussi eu des dégâts dans les cultures de maïs qui ont été récoltées bien avant le début de la chasse qui n’a pas pu jouer un rôle de protection. On enregistre en moyenne 15 dossiers de dégâts par jour et ce, depuis plus d’un mois. C’est assez intense mais sur des petites surfaces. Le montant de la facture varie en fonction de deux paramètres : la surface et le cours des céréales. Pour 2026, on sera autour de 400 000 euros. »
Un chiffre légèrement supérieur aux années précédentes. En 2025, le montant s’élevait à 320 000 euros pour 212 hectares. Loin de la situation exceptionnelle constatée en 2017 avec 809 hectares touchés pour 640 000 euros de dégâts.
Le plan de chasse de cette saison 2026-2027 s’inscrit dans la lignée des précédents. Il est défini à partir d’indices, de comptages préalables. Le tableau de chasse estimé pour le sanglier varie entre 4 000 et 5 000 individus avec un taux de réalisation autour de 70 % à 75 %. Même chose pour le chevreuil avec environ 5 000 attributions et un taux de réalisation proche de 80 %.
Avec une population installée sur le Doubs depuis 25 ans, le cerf est désormais intégré au plan de chasse avec 200 bracelets attribués aux A.C.C.A. concernées. Quid du chamois ? Cette année, la fédération a distribué 300 bracelets pour un taux de réalisation qui se situe entre 70 et 80 %. « On a de moins en moins de petits gibiers. Il y a 50 ans, on tuait 10 000 lièvres dans le Doubs alors qu’aujourd’hui, on est en dessous de 1 000. On limite très fortement la chasse sur ce gibier pour encourager sa reproduction. »
Et qu’en est-il de la population de chasseurs ? Dans le Doubs, elle se stabilise depuis quelques années autour de 7 000 chasseurs. On est passé sous le seuil des 10 000 en 2004, soit une baisse d’effectifs de 30 % en 20 ans. Comme chaque année, le leitmotiv qui accompagne l’ouverture de la chasse est prioritairement axé sur la sécurité. À ceux qui en douteraient, Jean-Maurice Boillon répète à l’envi que « la chasse est utile et nécessaire pour la sécurité routière et l’équilibre agri-sylvo-cynégétique. »
