Ancien étudiant en droit de Besançon, Jérémy Beaud est conseiller ministériel au cabinet de Vincent Jeanbrun le ministre de la Ville et du Logement. À 27 ans, il a déjà la passion de la politique bien ancrée.
Lors de la visite de son ministre de tutelle il y a quelques semaines à Besançon, il était, comme ses autres collègues conseillers, un homme de l’ombre. Celui qui prépare les dossiers, fait des notes à son ministre pour qu’il donne l’impression de connaître parfaitement le territoire visité, ne compte pas ses heures, mais qui semble s’éclater dans ces fonctions prenantes.
Originaire de Gonsans, “là où il n’y a qu’une boulangerie et la maison de la chasse” sourit-il, le jeune homme est mordu de politique, plus précisément de politiques publiques. Après son lycée à Pergaud, il est dit-il, “le premier de la famille à faire des études supérieures.” Ce féru d’histoire, une matière qui l’a amené à aimer la politique, a suivi un cursus de droit à l’Université Marie et Louis Pasteur à Besançon. “Dès la deuxième année, j’ai souhaité faire des stages pour me rendre compte de la manière dont les instances politiques prenaient des décisions.”

Ce jeune homme proche des idées de la droite républicaine enchaîne alors les expériences en stage au cabinet de la présidente du Doubs Christine Bouquin, du député du Nord Franche-Comté Ian Boucard, puis du sénateur bisontin Jacques Grosperrin, Master de droit public en poche, il enchaîne sur un autre stage à la préfecture du Doubs, en lien direct avec les collectivités locales. Avant même de terminer son Master 2, l’opiniâtre étudiant réussit à intégrer pour un nouveau stage le Conseil d’État où il travaille sur l’efficacité des politiques publiques. “C’est là que j’ai découvert l’univers des cabinets ministériels. Au Conseil d’État, j’étais un des seuls à ne pas être issu d’une grande faculté parisienne ou de sciences Po, ce qui m’a conforté dans l’idée que la fac de droit de Besançon est de grande qualité.” Il se décide alors d’embrayer sur un second master, en affaires publiques cette fois à Paris-Dauphine.
Une expérience dans le privé ensuite avec un stage chez Engie - “Au 29ème étage d’une tour de la Défense, ça me changeait un peu de Gonsans…” -, puis l’opportunité d’entrer une première fois dans un ministère, celui de Catherine Vautrin, comme chargé de mission. “Ce sont des contrats à durée gouvernementale. Un mois après, le gouvernement Barnier tombait.” La ministre Vautrin est reconduite, il poursuit par un nouveau contrat de chargé de mission, puis un autre encore auprès de Vincent Jeanbrun au ministère de la Ville et du Logement.
Après six mois, le ministre lui propose de devenir un de ses conseillers. “Chaque ministre a une quinzaine de conseillers, autant d’hommes que de femmes. C’est un travail évidemment très prenant mais très stimulant car on a l’impression d’être au cœur du réacteur, là où se prennent les décisions qui touchent au quotidien des Français” commente le jeune homme dont le poste n’est assuré, au mieux, que jusqu’en avril prochain, date de la présidentielle.
Son solide bagage professionnel lui assure, à 27 ans et avec le réseau qu’il se constitue, de poursuivre sa voie au cœur des institutions, voire dans une collectivité ou un organisme consulaire. On pourrait sans doute aussi le retrouver un jour candidat à une élection, sur ses terres d’origine. “Ma tête est à Paris, mais mon cœur est resté à Besançon” confirme le jeune conseiller ministériel.
