Depuis 2017, le collectif pour les paysages du massif jurassien se bat pour obtenir un arrêté de protection des affleurements rocheux. Une conférence de Marc-André Selosse, biologiste et professeur au Muséum d’histoire naturelle, est organisée le 16 octobre pour sensibiliser sur l’humain et la biodiversité
Ils ne lâchent pas l’affaire, leurs convictions chevillées au corps comme aux roches qu’ils défendent âprement. Le collectif pour les paysages du massif jurassien multiplie les actions depuis 2017 pour protéger les affleurements rocheux.
À cette époque, le passage d’un casse-cailloux dans une zone Natura 2000 qui arrache des affleurements rocheux et toute la faune et la flore qui l’entourent choque des défenseurs de la nature. “Certains agriculteurs arrachent les affleurements rocheux, ils nivellent tout. C’est un phénomène irréversible pour toute la faune et la flore qui peuplent”, souligne Sylvie Pierrot, membre du collectif depuis le début. Un collectif se crée alors dont l’objectif est d’obtenir un arrêté de protection des affleurements rocheux. Ce dernier est composé d’une dizaine d’associations comme Les Gazouillis du Plateau, Fleur de Terre, Murs et Murger, collectif Loue-Lison, France Nature Environnement 25-90, Terrasses et collines bisontines, Jura Nature, Association de protection de la vallée du Drugeon, etc.

Une conférence est alors organisée sur Orchamps-Vennes pour alerter sur la problématique du casse-cailloux. Plus de 200 personnes viennent y assister.
Près de dix ans plus tard, c’est une autre conférence qui a lieu au même endroit. Celle de Marc-André Selosse, biologiste et professeur au Muséum d’histoire naturelle, vulgarisateur hors pair et grand spécialiste du sol et du fonctionnement du vivant.
Malgré la mobilisation constante du collectif, l’arrêté de protection n’est toujours pas pris. Pour autant, des efforts ont été réalisés. “Il y a six ans, le préfet (N.D.L.R., Joël Mathurin), avait commandé un arrêté de protection, resitue Sylvie Pierrot. Il était très sensible à ce sujet. Un gros travail de cartographie de tous les affleurements rocheux du Doubs avait commencé. Toute la zone du parc naturel du Doubs Horloger a été cartographiée. Mais il y a deux ans, à la suite des manifestations du monde agricole, l’arrêté a été mis en pause.” Si depuis, les membres du collectif constatent une dégradation dans la pratique du casse-cailloux, ceux qui souhaitent utiliser le casse-cailloux doivent remplir une déclaration de travaux et suivre des préconisations.
Las, Sylvie Pierrot soupire : “S’il y a des déclarations, les préconisations ne sont pas toujours suivies. On se bat toujours, c’est difficile. Je suis née dans le Haut-Doubs, j’y suis attachée. Quand je vois comme ça se dégrade… Charquemont, c’est devenu la Beauce.”
La conférence de Marc-André Selosse, qui se rend dans le Doubs à l’occasion des 40 ans des Tourbières de Frasne, doit permettre d’apporter un éclairage scientifique et sensibiliser la population à la biodiversité du sol. Et peut-être renouer le dialogue, parfois, souvent, difficile, avec les défenseurs du casse-cailloux.
