La brasserie du centre-ville, touchée de plein fouet comme tous les restaurants, rebondit

Myriam Bournel-Bosson, la patronne de La Bousse, a décidé de se retrousser les manches et propose depuis ce week-end un service de restauration à emporter. De quoi limiter la casse dans un secteur d'activité sinistré.

Myriam Bournel-Bosson, comme tous ses collègues restaurateurs, a accusé le coup le samedi 15 mars dernier quand elle a dû se résoudre à fermer son établissement brutalement. "Ce n'est même pas du jour au lendemain qu'il a fallu s'adapter, c'est d'une heure à l'autre ! C'est un client qui m'a donné l'information à 20h15, et à minuit on fermait les portes. J'ai fini le service en larmes..." se souvient-elle. Après quelques semaines de doute et de questionnements sur l'avenir des salariés qu'elle emploie, Myriam Bournel-Bosson a décidé de rebondir. "Pour nos clients, pour ne pas perdre le lien" dit-elle.
Après avoir sollicité et obtenu les autorisations de la part des administrations et de son syndicat professionnel, elle a donc pu rouvrir La Bousse, mais uniquement par l'intermédiaire d'un service à emporter. "Nous nous sommes complètement réorganisés et nous avons choisi de ne pas faire de l'ombre aux autres professionnels de Morteau comme les bouchers qui proposent les plats du jour, ou les pizzaïolos qui vendent des pizzas. Nous ne proposons donc qu'une partie de notre carte en privilégiant les plats qui sont un peu notre marque de fabrique comme les burgers maison et la saucisse de Morteau, ainsi que des fish and chips ou encore les nuggets pour les enfants, ou les paninis. Nous proposons aussi les boissons à emporter" développe la patronne.

La Bousse propose notamment un de ses best-sellers : les burgers maison.

Depuis ce week-end, la brasserie mortuacienne ouvre son service à emporter le midi du vendredi au dimanche midi, ainsi que le soir du mardi au samedi. Comme les normes imposées ne permettent pas à la patronne d'ouvrir les portes de La Bousse, les clients sont accueillis et livrés côté trottoir, devant la grande baie vitrée. "Tout est mis en place pour la protection de nos clients et la nôtre" ajoute la responsable qui travaille avec masque et gants. Les protections (visières) ont d'ailleurs été fournies par le lycée de Morteau.
Cette ouverture partielle avec vente à emporter était la seule solution pour que continue à vivre La Bousse. Car comme d'autres établissements de restauration, la brasserie mortuacienne ne peut prétendre à aucune aide. "Nous ne rentrons pas dans les cases..." déplore Myriam Bournel-Bosson qui a dû se résoudre à mettre 5 salariés en chômage partiel. De son côté, en tant que gérante, elle n'a droit à aucune couverture... et les assurances pour perte d'exploitation ne jouent pas le jeu. "Même si c'est pour gagner moins de 10% du chiffre d'affaires habituel, l'essentiel est pour moi de maintenir ce rapport humain avec notre clientèle. C'est pour cela que j'ai décidé de me battre, et avec le sourire, prêts à vous accueillir !" termine Myriam Bournel-Bosson avec une lueur d'optimisme.