La rentrée 2026-2027 s’annonce critique dans plusieurs villages. L’Académie de Besançon justifie cette saignée par une sérieuse chute des effectifs scolarisés.
La forte diminution de la natalité en France depuis une dizaine d’années entraîne une baisse sans précédent des effectifs scolaires (818 000 naissances en 2014 pour une estimation de 645 000 en 2025). À l’exception de Mayotte et de la Guyane, toutes les régions sont impactées. La rentrée 2026-2027 atteindra en maternelle un plancher jamais atteint.
Le 29 janvier dernier, parents et élus de Trévillers ont manifesté contre la fermeture d’une classe. Cette école intercommunale qui accueille aussi les enfants de Thiébouhans, Ferrières-le-Lac et Trévillers devrait passer de 5 à 4 classes. “Certaines classes vont être surchargées avec 3 niveaux d’apprentissage et les enseignants n’auront plus de temps pour les élèves en difficulté et un suivi individualisé”, déplore un parent.

Luc Taillard, maire de la commune, regrette une décision qu’il considère prématurée. La salle de classe à Thiébouhans a été rénovée récemment et le territoire continue de se développer avec de nouveaux lotissements. Une obstruction de l’école par les parents d’élèves s’est à nouveau produite le 20 mars. “Comment peut-on supprimer une classe sur cinq, alors que nous passons de 103 à 97 élèves ?”, s’insurge une représentante des parents d’élèves.
À Damprichard, un blocage de l’école s’est déroulé dans les mêmes conditions. Une quinzaine d’élèves devrait rejoindre l’école à la rentrée, mais 26 partent au collège. L’effectif global, selon l’Académie de Besançon, descendrait à 96 et ne justifierait pas le maintien d’une cinquième classe. “Cette diminution sera temporaire pour les deux années qui viennent, mais le palier pour rouvrir cette classe fermée est de 120 enfants”, s’étonne Dorothée Guenon, vice-présidente de l’association des parents d’élèves.
À Charquemont, la menace planant sur une classe de maternelle a conduit à une grève générale le 19 mars. Les services de la mairie ont organisé la garde des enfants pour cette journée de revendication. Il manque 7 enfants pour la prochaine rentrée, mais deux inscriptions ont été enregistrées récemment faisant renaître l’espoir du maintien de cette classe.
La commune de Bonnétage se retrouve dans la même situation. Pourtant, une quarantaine de logements sont en voie de construction ou de rénovation sur la commune. “Une fermeture de classe, c’est toujours quelque chose de violent pour une commune rurale” déclare Valérie Pagnot, maire du village. Elle confie être inquiète de cette vision de l’école de la République au travers du prisme exclusif des chiffres. “Je crains de voir disparaître certaines écoles dans nos territoires ruraux, réduisant ainsi les chances pour l'avenir de nos gamins par rapport à ceux des milieux urbains”, poursuit-elle. “Je sais que je demeure idéaliste, mais il me semble que la richesse de notre pays justifie un investissement massif dans l’éducation et une réflexion entre tous les partenaires sur “une école autrement””, conclut Mme Pagnot.
D’autres suppressions sont programmées dans la région à Belleherbe, Indevillers et Provenchère. Une décision définitive du Rectorat doit être communiquée le 31 mars.
