Le recyclage de tissus permet de confectionner des centaines de masques.

Contrainte de fermer ses deux boutiques de confection, Sylvie Dabère s'est mise à coudre des masques à destination des salariés et des soignants au contact du public. D'autres bonnes volontés sont venues se greffer au projet qui mobilise aujourd'hui 214 personnes.

Pas du genre à se la couler douce en attendant la fin du confinement, Sylvie Dabère qui fut longtemps à la tête de l'association Commerce Pontarlier Centre, n' a pas mis longtemps pour s'investir gracieusement pour tous ceux qui travaillent au service des malades, des commerces de première nécessité, ou pour préserver ce qui peut l'être de la continuité économique du pays.
"Une association de service à la personne m'a demandé si j'avais des masques pour son personnel. Je n'étais pas plus couturière que cela. Après quelques essais, j'ai pu répondre à ce besoin", explique la patronne du Travail en couleur. Le bouche à oreille aidant, c'est ensuite le commissariat de Pontarlier qui passe commande en proposant l'aide d'une épouse de policier plutôt à l'aise avec une machine à coudre. "Puis une de mes vendeuses s'est jointe à nous."
Le début d'une belle chaîne de solidarité. Catherine et Pauline de la boutique Charmes et Styles proposent leurs savoir-faire de couturiére. Gaëlle Vivot, chef des ventes dans une concession automobile locale, apporte alors son expérience logistique à son amie Sylvie Dabère. Le duo crée ensuite la page Facebook "Coutures en tout genre contre le coronavirus". Elles lancent des appels à bénévoles et recherchent aussi de la matière première pour confectionner masques et charlottes. "On a besoin de tissu en coton, type drap de grand-mère et molleton fin de type alèse de matelas, d'élastiques, de rubans... Il n'est pas nécessaire de savoir coudre, on sollicite aussi des personnes qui ont un peu de temps à donner pour découper le coton et le molleton à l'aide de patrons et de gabarits. Cela facilite grandement la tâche des couturières. Précisons que nos masques ne sont pas homologués aux normes de protection médicale mais ils permettent quand même de s'autoprotéger."

Les candidatures affluent, les commandes aussi, de toutes parts


Candidature individuelle ou même au nom d'un groupe, d'une association. La page Facebook fédère aujourd'hui 213 membres. La production monte en puissance. Lundi, plus de 500 masques sont arrivés et 385 ont été distribués dans les commerces, les E.H.P.A.D., les associations d'aide à domicile, cabinets infirmiers, parmi les forces de l'ordre, chez les pompiers, dans les entreprises de BTP encore en activité. Plus de 1500 ont déjà été confectionnés depuis le début du projet, auxquels s'ajoutent 300 calots. Sylvie Dabère rêve d'équiper tous les Pontissaliens. "Priorité à ceux qui travaillent", nuance la commerçante plutôt fière de ce réseau d'entraide qui dégage, selon elle, des ondes très positives.

Certaines petites mains cousent, d'autres découpent dans cette chaîne de solidarité unie vers le même but.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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