Symptômes du réchauffement climatique, les canicules que l’on a vécu cet été comme les précédents, sont amenées à s’aggraver et à se répéter dans les années à venir. Ces épisodes de fortes chaleurs impactent durablement et fortement la santé humaine.
Amandine Bôle est médecin généraliste à la maison de santé de Morteau et co-présidente de la C.P.T.S. du Pays Horloger. Elle intervient également à l’E.H.P.A.D. et à l’hôpital. Depuis plusieurs années, elle constate régulièrement des consultations pour malaises liés à la chaleur. Cet été n’a pas échappé à la règle.
Pour les personnes vulnérables, comme les personnes âgées ou ceux présentant des comorbidités, les fortes chaleurs aggravent la déshydratation. “Certains patients viennent consulter pour une gastro-entérite, les fortes chaleurs peuvent majorer les symptômes et donc la déshydratation”, reprend le Dr Bôle.
La qualité de vie et indirectement la santé mentale sont aussi impactées. “Pour rester au frais, beaucoup de personnes âgées ne sortent plus donc ne marchent plus. Cela a un impact moteur et moral. Sur un terrain déjà fragile, le fait de ne plus sortir peut prédisposer à des dépressions”, note la médecin. Pour autant, elle n’a pas constaté d’augmentation consécutive cet été par rapport aux autres. “À notre niveau, on est plutôt préservés, nous avons la chance ici d’avoir des nuits plus fraîches, d’avoir des forêts à proximité. Les Urgences ont été plus impactées”, nuance le Dr Bôle.
À l’hôpital de Besançon, fin juin, près de 2 000 dossiers ont été enregistrés en une journée (contre un peu plus de 1 500 sur deux jours en moyenne). L’activité au C.H.U. est restée soutenue une bonne partie de l’été. L’hôpital bisontin prévient : il est nécessaire de prendre ces chiffres avec du recul car “l’effet retard peut se faire nettement ressentir une fois la canicule passée.”
À long terme, le réchauffement climatique, enjeu de santé publique, impacte la qualité de l’eau - des proliférations de cyanobactéries ont été observées au lac d'Osselle, par exemple - la qualité de l’air, dégradé par la pollution et les feux de forêts, et favorise l’apparition de maladies infectieuses.
“Décès et problèmes de santé associés aux phénomènes extrêmes (canicules, tempêtes, inondations, etc.), prolifération d’espèces à l’origine de maladies transmissibles aux humains, aggravation des allergies, concentration des polluants dans l’air, perturbation de notre agriculture, problèmes de santé mentale, etc. : les impacts du changement climatique surla santé sont déjà nombreux”, précise le Portail de tous les citoyens pour s’informer sur les enjeux de l’environnement et du développement durable (notreenvironnement.gouv.fr).
L’Organisation mondiale de la santé estime qu’entre 2030 et 2050, le changement climatique entraînera près de 250 000 décès supplémentaires par an, “dus uniquement à la dénutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress lié à la chaleur.”Sans compter le coût estimé des “dommages directs pour la santé (à l’exclusion des coûts dans des secteurs déterminants pour la santé tels que l’agriculture et l’eau et l’assainissement) se situe entre 2 et 4 milliards de dollars par an d’ici 2030.”
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