Un chercheur de la Sorbonne mène une enquête de terrain dans le Haut-Doubs et dans les communes suisses proches de la frontière pour tenter de percer les mystères et les nuances entre les accents franc-comtois et suisse. Explications.

C'est à dire : En quoi consiste votre sujet d’étude que vous avez baptisé “Varipol” ?
Marc Chalier
: L’objectif de cette étude sociologique est de mieux comprendre l’influence des différentes frontières politiques et administratives dans les parlers locaux de la francophonie. Et notamment le long de la frontière de l’Arc jurassien franco-suisse. A-t-on le même accent à Morteau qu’à La Chaux-de-Fonds, à Pontarlier qu’à Neuchâtel ? D’un point de vue linguistique, il n’y a a priori aucune raison qu’on parle différemment de part et d’autre de la frontière mais on sait qu’une frontière politique peut avoir une influence sur ces variétés d’accents. Cette étude doit servir à comprendre dans quelle mesure c’est bien le cas.

Le chercheur en linguistique Marc Chalier viendra dans le Haut-Doubs à la rencontre de candidats volontaires pour participer à son étude sur les accents.

Càd : Comment allez-vous procéder pour confirmer ou infirmer vos hypothèses ?
M.C.
: Par des exercices pratiques sur le terrain. C’est la raison pour laquelle je cherche des volontaires sur le terrain, côté Val de Morteau et côté La Chaux-de-Fonds-Le Locle. À travers une courte expérience d’environ 20 minutes, il s’agira de réaliser une lecture enregistrée et de dessiner des “cartes mentales” des variétés de français parlées dans la région. Ensuite, en leur faisant écouter des enregistrements de mots, je souhaite voir quels accents ils reconnaissent, comment la prononciation des mots est vraiment perçue par eux. Je souhaiterais trouver 25 personnes côté français et autant côté suisse, si possible habitant le plus proche possible de la frontière. Je serai sur place pendant la semaine du 8 au 14 juin. Au final, ces tests devraient me permettre de montrer de façon qualitative les différences de traits de prononciation entre les accents français et suisse.

Càd : Que demanderez-vous précisément aux volontaires qui souhaiteraient contribuer à cette étude ?
M.C.
: Dessiner ces “cartes mentales” sur une tablette de manière très ludique, la lecture d’un texte à haute voix que j’enregistrerai, et une liste de mots à dire à voix haute. Des exercices simples et rapides qui me permettront grâce à cet échantillon de participants, d’avoir une représentation significative de la richesse linguistique locale.

Les personnes intéressées pour participer à l’expérience peuvent contacter directement le chercheur à son adresse marc.chalier@sorbonne-universite.fr


Cet article vous est proposé par la rédaction du journal C'est à dire, distribué à + de 30 000 exemplaires sur le Haut-Doubs.
Pour devenir annonceur et booster votre visibilité, cliquez sur l'image ci-dessous
Publicité journal C'est à dire