Propriétaire d’un terrain agricole au lieu-dit la Racine à Flangebouche, Martial Vivot dénonce un épandage du lisier trop près d’une mare qui alimente la ferme qu’il rénove. Il attend de l’exploitant de la parcelle qu’il respecte la loi et le plan d’épandage.

De guerre lasse, Martial Vivot a fini par déposer plainte en ligne le 4 juin. En empruntant la voie judiciaire, il entend cette fois-ci faire respecter le plan d’épandage du lisier sur son terrain qu’il loue à un agriculteur au lieu-dit la Racine, sur la commune de Flangebouche. Au milieu du pré se trouve une mare entourée d’arbustes. Le petit plan d’eau est le refuge des grenouilles qui s’affolent lorsqu’on s’approche un peu trop près. Cette eau alimente aussi la ferme comtoise isolée qu’il rénove et qui se situe à quelques centaines de mètres de là. “L’eau de la mare est impropre à la consommation. On l’utilise pour arroser le jardin, pour nettoyer les outils ou pour faire un peu de maçonnerie”, dit-il. Problème, fin mai, l’exploitant a épandu du lisier un peu trop près de la mare, selon Martial Vivot. “En tout cas, il n’a pas respecté la distance des 35 mètres réglementaires prévue par le plan d’épandage. Il était à une quinzaine de mètres”, dénonce le propriétaire, photos à l’appui. “Résultat, l’eau qui arrive à la ferme a l’odeur de purin.”

Martial Vivot devant la mare en question où s’agitent les grenouilles

C’est moins l’odeur nauséabonde qui le dérange que les dangers pour l’environnement alors que l’épandage du lisier est très encadré par la réglementation afin d’éviter le risque de pollution des milieux aquatiques. “Il y a la mare et à côté il y a deux dolines par lesquelles l’eau s’infiltre directement dans le sous-sol”, pointe-t-il du doigt. Martial Vivot est d’autant plus agacé par la situation, qu’il avait obtenu en 2022 une modification du plan d’épandage et l’application de la distance de 35 mètres afin de préserver la mare. Suite aux faits qu’il a relevés fin mai, il a sollicité la D.D.T. (Direction Départementale des Territoires), l’Office Français de la Biodiversité (O.F.B.), et la Direction départementale de la protection des populations (D.D.E.T.S.P.P.), pour qu’ils constatent l’infraction à leur tour. En vain.

Martial Vivot n’est pas disposé à excuser l’agriculteur, Éric Vivot, son cousin. Pourtant, depuis 2022, l’exploitant a respecté le plan d'épandage, ce qu’admet volontiers le plaignant. “En 2023, 2024, 2025, il a épandu dans le respect des règles.”

Il aura suffi d’un épandage en dehors des clous pour que l’agriculteur se fasse épingler. Contacté, Éric Vivot reconnaît avoir épandu du lisier à moins de 35 mètres de la mare. “C’est vrai, je suis passé une fois sur un côté à une quinzaine de mètres. Je m’en suis rendu compte, mais ce n’était pas volontaire. Jusqu’ici j’ai respecté le plan d’épandage et je le respecterai”, dit-il, surpris que l’histoire prenne de telles proportions. Le propriétaire du terrain, Martial Vivot l’entend, mais il ne veut pas transiger avec la réglementation. “D’abord, il a arrosé tout autour de la marnière”, rectifie-t-il. “Ce n’est pas une histoire de personnes. C’est une histoire de protection de l’environnement. Je lui demande de respecter la loi. L’autorité s’applique à lui comme à moi. C’est tout ce que je demande.” Sa plainte déposée début juin établira peut-être les responsabilités si elle est suivie d’effets.


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