Le futur plan local de l’habitat prévoit une orientation plus marquée vers la production de logements à tarif abordables. Pour que l’acquisition d’un logement ne soit pas réservée à une clientèle privilégiée ou aux frontaliers.
À Morteau comme dans d’autres communes du Val - c’est notamment le cas à Montlebon et aux Gras avec des dossiers en cours -, les projets de création ou de réhabilitation de logements comportent un volet “logements abordables”. C’est une tendance de fond qu’a souhaité imprimer la communauté de communes du Val de Morteau dans sa politique publique du logement. “Proposer des logements à prix “abordables”, il s’agit d’un sujet majeur de la politique actuelle de la C.C.V.M.. Nous travaillons actuellement sur un P.L.H. (Plan Local de l’Habitat, dans le cadre du P.L.U.I.H.), qui nous permettra d’orienter la production de logements à l’avenir : taille des logements, densité de production et publics ciblés. L’objectif est clairement de favoriser l’accès à la propriété de logements abordables pour les travailleurs en France. Ce besoin est exprimé à la fois par les entreprises et par les salariés” résume Cédric Bôle, le président de la C.C.V.M.
À Morteau, cette orientation se traduira concrètement par deux premiers projets immobiliers sur le point d’être lancés et répondant à ce critère d’accessibilité tarifaire. Le premier dans le quartier baptisé Tout-Vent, sur les hauteurs de la ville en direction des Arces. Sur 1 hectare, on y trouvera un tiers de logements classiques (maisons individuelles sur des parcelles de 500 m²), un tiers de logements en maisons mitoyennes, et un petit collectif de 9 logements en Bail Réel Solidaire (B.R.S.), un système qui permet de dissocier le terrain du bâti, afin de proposer aux acquéreurs un prix plus attractif, sans la valorisation du foncier. “Ce projet de B.R.S. dans le neuf est un des tout premiers du département” se félicite Cédric Bôle. C’est la société d’aménagement Territoire 25 qui pilote la création de ce projet de logements mixtes dont la commercialisation a débuté et dont la réalisation démarrera dès l’an prochain.
À l’échelle du territoire de la C.C.V.M., l’objectif affiché par ce futur plan local de l’habitat qui doit être validé dans les prochains mois pour une mise en application courant 2027 est d’atteindre “entre 15 et 35 % de logements à prix social ou abordable”, étant affirmé que c’est à Morteau que la proportion serait la plus forte.
Et quels que soient les autres projets menés par des opérateurs privés, le cahier des charges impose désormais une proportion d’au moins 10 % de logement dit social dès lors que le programme comporte plus de 10 logements. Ce sera le cas par exemple pour le projet en cours rue du Collège ou celui dans le quartier de la Brasserie.
L’autre grand projet immobilier à vocation sociale à Morteau est porté par l’opérateur Néolia, toujours sur les hauteurs de la ville dans le quartier de la Baigneaux-Oiseaux (voir notre article en page suivante). “À travers ces programmes, nous voulons éviter un scénario à la parisienne où les classes moyennes se sont trouvées exclues de la possibilité d’accéder à un logement et ont été obligées de s’éloigner de Paris pour se loger. Si on ne fait rien, les jeunes actifs du Val de Morteau ne pourront plus se loger dans nos cœurs de ville. En devançant nos obligations, on reprend un peu la main sur le développement immobilier de nos communes et on essaie ainsi de combler les déficits” illustre M. Bôle.
