Le Doubs compte 35 000 logements sociaux dont 10 000 gérés par Habitat 25, l’office public de l’habitat du Doubs, et 27 000 par la Sacha, la société regroupant Néolia et Habitat 25, présidée par Jacqueline Cuenot-Stalder. La vice-présidente du Département en charge du logement et de l’habitat, revient sur la politique du logement de la collectivité et de son ambition de devenir autorité organisatrice de l’habitat.
C’est à dire : Lors de la dernière assemblée plénière, le Département a acté son ambition de devenir autorité organisatrice de l’habitat. Concrétement, quels sont les enjeux, notamment pour les bailleurs sociaux ?
Jacqueline Cuenot-Stalder : Nous sommes engagés depuis plusieurs années pour prendre des responsabilités assez fortes, en matière d’habitat et de logement dans le département. Nous avons des réussites ces dernières années. Par exemple, la Maison de l’habitat qui porte le pacte territorial, cela nous a permis d'avoir une enveloppe d’aides exceptionnelles à plus de 8,4 millions d’euros. Au départ, elle était de 5 millions d’euros. Ce sont des millions de travaux générés sur le territoire avec une activité économique qui se tend par ailleurs. L’année a été compliquée avec l’arrêt de Ma Prime Rénov’.
Nous avons aussi de belles réussites avec la Sacha, la société de coordination regroupant Habitat 25 et Néolia que je préside qui gère 27 000 logements sur 35 000 dans le Doubs. Nous avons mutualisé un centre d’appels dans les locaux d’Habitat 25. Dans le parc social, des travaux vont se terminer. Dans un ou deux ans, on devrait arriver à une montée au niveau des performances énergétiques. Le parc privé est loin d’avoir ce taux de réussite. Nous constatons un émiettement des compétences, que les élus locaux nous remontent, ils nous disent que c’est assez compliqué. L’idée d’être autorité organisatrice de l’habitat est de simplifier et mutualiser. Normalement, ce sont les E.P.C.I. qui peuvent en bénéficier. Nous avons souhaité les associer dans notre démarche pour mettre à disposition une boîte à outils, comme on l’a fait aussi avec l’Établissement public foncier. Nous avons aussi créé un Office solidaire, les premiers baux réels solidaires arrivent à Morteau.
Il s’agit aussi de dire : arrêtons de tout plaquer depuis Paris et d’imposer aux territoires certaines choses qui ne sont pas adaptées et qui complexifient encore davantage les choses. Laissez-nous une délégation plus importante et on sera en capacité de porter des sujets beaucoup plus rapidement et d’emporter les territoires.
Càd : Constatez-vous une évolution positive des communes dans leur volonté de réaliser des logements sociaux ou conventionnés ?
J.-C.-S. : Il y a une évolution très importante des communes dans cette volonté. Il y a une forte pression au niveau de la demande, surtout sur la bande frontalière. La vacance est quasi-nulle. Sur notre périmètre de délégation, les bailleurs sociaux devraient livrer environ 250 logements entre 2026 et 2027, essentiellement sur les secteurs de Valdahon, Frasne et la bande frontalière. La Maison de l’habitat permet de rencontrer régulièrement les élus locaux, de leur amener des connaissances sur les dispositifs. Il y a une telle demande de nos habitants qui peinent à trouver un logement, les jeunes actifs, des familles monoparentales. Nous avons été interpellés par de jeunes professeurs qui ne trouvent pas de logement sur la bande frontalière. Mais le logement social est un sujet. Beaucoup d’élus me disent que c'est difficile d’emmener un conseil municipal sur du logement social ou conventionné. On le comprend, mais on en a besoin.
Il y a cette peur de la personne qui viendrait habiter un logement social. J’ai rencontré pas mal de maires qui disaient que les habitants ont peur que ce soit des gens qui ne s’adaptent pas à la petite commune. Il faut aussi montrer une image positive du logement social. Il y a également la limite du bail à vie. Les logements communaux transformés en logements conventionnés fonctionnent très bien car c’est du logement diffus, une ancienne cure, une ancienne mairie, c’est du beau bâti. En trois ans, 103 logements communaux ont bénéficié de 4,9 millions d’euros du Département pour 17,5 millions d’euros de travaux générés.
