Lancé en 2007, cet itinéraire touristique qui relie le Val de Travers à Pontarlier avec des propositions de visites de sites en lien avec l’absinthe retrouve des couleurs après quelques années en dormance.
Cette route a vu le jour en 2007, soit deux ans après la légalisation de l’absinthe en Suisse. Le principe fondateur visait à associer le berceau de l’absinthe née dans le Val-de-Travers à Pontarlier, la capitale économique qui a contribué à son rayonnement. Cet outil touristique a d’abord été conçu pour permettre aux visiteurs de découvrir différents sites en lien avec l’absinthe : musées, fontaine, séchoirs, distilleries, restaurants… Il intègre une signalétique routière, des supports : cartes, plaquettes ainsi qu’un site Internet. « La route a permis d’instaurer un dialogue commun entre les acteurs français et suisses. C’est très sain. Elle est gérée par l’association Pays de l’absinthe », explique Raphaël Gasser, le directeur de la Maison de l’absinthe à Môtiers.

Inaugurée en 2014, cette structure a été réalisée dans le cadre d’un projet Interreg franco-suisse. Puis le grain de sable de la crise sanitaire du Covid est venu enrayer cette belle mécanique de coopération même si les liens étaient toujours entretenus entre les acteurs. Essoufflement des équipes, désintérêt des collectivités, vétusté des supports, la Route de l’absinthe a connu un petit coup de mou pendant quelques années avec cette tendance au recroquevillement des adhérents de chaque côté de la frontière.
Le réveil s’est précisé avec l’arrivée d’une nouvelle direction en septembre 2024 à la Maison de l’absinthe, Raphaël Gasser prenant alors la suite de Yann Glauser. « C’est toujours difficile de convaincre les élus et financeurs quand ils ne croient plus à un projet. Au niveau stratégique, on a repris à bras-le-corps cette route. Cela suppose beaucoup d’énergie. Le site Internet ne correspondait plus aux attentes, d’où l’importance de retricoter des relations avec nos amis français. On a bénéficié du soutien d’Arcjurassien pour la remise au goût du jour du site, lequel a également été financé par la commune Val-de-Travers et la Ville de Pontarlier. »
Fort de ces appuis, l’association Pays de l'Absinthe a mandaté pendant trois mois un professionnel de la communication, Thomas Chartier, qui avait pour mission de réhabiliter le site Internet et d’apporter plus globalement de la visibilité à l’absinthe. Pour Raphaël Gasser, il s’agit en quelque sorte de passer d’un microcosme à un écosystème structuré et le nouveau site Internet qui intégrera par exemple un outil de géolocalisation constitue la première étape du mouvement. « Depuis que Thomas Chartier a commencé sa mission en avril, on constate que le nombre d’adhérents repart à la hausse. Je m'occupe plutôt du volet politique et institutionnel. »
Des réflexions sont en cours pour rebooster les deux grandes célébrations festives : Absinthe en fête, côté Suisse, et les Absinthiades, côté France. « L’édition 2025 d'Absinthe en fête a été prolongée d’une nocturne. Cette année, les distillateurs ont accepté de faire une cuvée commune pour distiller une absinthe Val-de-Travers. Ces petits détails très symboliques font du bien. On souhaite organiser pour la fin d’année un autre événement axé autour de la dégustation. Il est temps de passer la seconde vitesse en mobilisant davantage les professionnels et surtout les ambassadeurs de la route de l’absinthe » estime le directeur.
