Anne-Sophie et Arnaud Bourgeois, paysans distillateurs très attachés à cette appellation, continuent de se diversifier. Avec les absinthes, les eaux-de-vie, le pastis du Jura, la distillerie dispose désormais d’une gamme de cinq liqueurs et d’un gin médaillé d’or au dernier salon de Lyon. Sans oublier l’intégration dans l’I.G.P. absinthe de Pontarlier.

La concurrence fait rage entre les distillateurs du Haut-Doubs de plus en plus nombreux à se positionner sur le marché de l’absinthe notamment. Chacun cherche ainsi à se démarquer. Anne-Sophie et Arnaud Bourgeois n’ont pas attendu les autres pour se diversifier. Eux qui s’étaient d’abord lancés dans le maraîchage avant de basculer dans la distillation continuent de cultiver la plupart des plantes utilisées en fabrication. C’est le côté paysan qui les caractérise. “De la plante à la bouteille”, confirme Arnaud Bourgeois. Assez inventif, le couple élabore toutes ses recettes mieux si cela prend parfois plusieurs années comme ce fut le cas avec le dernier produit issu de l’alambic de la Mare d’Arçon, à savoir Nin’s Gin. “Ce gin artisanal est conçu avec 12 plantes cultivées sur place. On utilise un procédé de fabrication assez spécifique, le gin basket où les plantes sont posées dans des paniers qui filtrent les vapeurs issues de la distillation.”

Damien Marguet salarié de la distillerie avec Arnaud et Anne-Sophie Bourgeois.

La méthode Bourgeois qui avait déjà remporté un fort succès avec le pastis du Jura désigné champion du monde des pastis, semble assez pertinente. Nin’s Gin a décroché une médaille d’or au concours international de Lyon organisé les 16 et 17 mars dernier. “C’est une belle reconnaissance et cela nous rend plus crédible au niveau des cavistes.” Nin’s Gin est une boisson qui ne manque pas de caractère. Pour l’anecdote, elle porte le diminutif de Ninon la fille d’Anne-Sophie et d’Arnaud qui, elle non plus, ne manque pas de tempérament.

Dans les spécialités Bourgeois, on peut signaler l’apéritif à base de foin ou les eaux-de-vie comme la gentiane. Soucieux d’autonomie, le couple plante chaque année des milliers de pieds de grande gentiane dans les champs situés autour de la distillerie. Depuis deux ans, il s’investit dans le développement d’une gamme de liqueurs.

Après la menthe et le sapin, trois nouveautés sont sorties en 2025. La liqueur de gentiane version apéritive à 17 %. “C’est un assemblage qui permet d’avoir une gentiane très très douce sans l’amertume qu’on connaît à l’eau-de-vie. On serait plus sur un produit type macvin.” L’autre création est aussi une liqueur de gentiane à 25 % d’alcool qui répond à la mode du spritz, ce cocktail italien très en vogue. Toujours d’inspiration italienne, la Verveine titre aussi à 25 %. “C’est le limoncello du Haut-Doubs”, sourit Anne-Sophie Bourgeois.

La distillerie Bourgeois propose aujourd’hui une gamme de cinq liqueurs, plus un gin.

La volonté de privilégier les savoir-faire locaux se décline jusqu’aux étiquettes nées de l’imagination fertile de l’illustratrice Corinne Salvi. En 2025 également, la distillerie Bourgeois a rejoint l’I.G.P. Absinthe de Pontarlier où l’on trouve déjà les distilleries Guy et Marguet-Champreux.

Sur la partie commercialisation, les distillateurs de la Mare d’Arçon travaillent sur un réseau de 250 points de vente associant les magasins de fruitières, les cavistes et autres boutiques de produits régionaux. “On fait aussi un peu d’expéditions dans toute la France et à l’export”, ajoute Arnaud Bourgeois en rappelant l’existence du magasin de vente directe à la distillerie qu’il est possible de visiter sur réservation.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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