Chaque année dans le Doubs, 85 adolescents passent avec succès le Brevet National de Jeune Sapeur-Pompier. C’est, de loin, la plus importante et sans doute la meilleure filière d’apprentissage et de recrutement. Reportage avec la section J.S.P. du centre de secours principal de Pontarlier

La section accueille chaque année une trentaine de jeunes répartis en quatre groupes de niveaux et d’âge. “Ils viennent tous les mercredis après-midi pour l’apprentissage des gestes techniques et le lundi soir de 18 heures à 20 h 30 pour des séances de renforcement musculaire et du sport”, précise le sergent-chef Sébastien Roy, vice-président de l’association des jeunes sapeurs pompiers. Cette structure a été créée en 1959 par Octave Pourny. Une quinzaine de pompiers assurent bénévolement l’encadrement de la section. Ce mercredi, les J.S.P. 1 vont apprendre à maîtriser un extincteur en gérant la mise sous pression, le test de fonctionnement et la manière d’aborder le feu en prenant en compte différents paramètres comme le sens du vent.

Créée en 1959 par Octave Pourny, la section des J.S.P. de Pontarlier rassemble une trentaine de jeunes de 12 à 16 ans.

Chez les pompiers aussi, l’apprentissage relève souvent de la répétition des gestes pour qu’ils deviennent des automatismes en conditions réelles. “En première année, les jeunes ont pas mal de cours théoriques. C’est l’étape d’acquisition de certaines bases”, explique Thomas l’encadrant. En fin de saison, les J.S.P. 1 passent l’examen du premier secours civique.

Justine et Robin apprécient toute la diversité de la formation de J.S.P.

La tradition du pompier de père en fils est-elle toujours d’actualité ? “Oui, mais c’est loin d’être une généralité. À Pontarlier, la section forme aussi des jeunes pour d’autres casernes qui en sont dépourvues comme le Val d’Usiers, Mont d’Or ou à Labergement-Sainte-Marie.”

À quelques pas de l’atelier extincteur, d’autres J.S.P. se familiarisent avec le maniement d’un appareil respiratoire isolant qui se porte sur le dos, équipé d’une bouteille offrant environ 40 minutes d’autonomie en atmosphère viciée. Ludivine Audy la présidente de la section encadre ce groupe. Elle présente le masque araignée qui va avec l’appareil. “Tout monté, cela représente un équipement qui pèse entre 15 et 16 kg.”

La fin de la saison approchant et la date d’examen aussi, les J.S.P. 4 révisent une manœuvre au programme du brevet national et portant sur la protection des personnes et des biens. L’exercice consiste donc à mettre en place une pompe motorisée pouvant servir à vider une cave inondée. “Le brevet aura lieu fin mai. Diplôme en poche, ces nouveaux pompiers seront opérationnels dans l’été en sachant que les mineurs ne font pas de secours routiers, ni de grande échelle. Le taux de réussite à l’examen frôle les 100 %. Les quatre années de formation remplacent les 240 heures de formation requises pour devenir pompier.”

La section des J.S.P. de Pontarlier est présidée par le sergent-chef Ludivine Audy qui anime ici un atelier consacré aux appareils respiratoires isolants.

Au cours de leur formation, les J.S.P. découvrent également les valeurs du corps des sapeurs-pompiers : force du collectif, cohérence du groupe, discipline, respect. “On a coutume de dire que c’est aussi une véritable école de la vie.” Le dernier groupe répète une manœuvre incendie avec installation des tuyaux, branchement, coordination et position des binômes face au sinistre.

La section pontissalienne fonctionne avec l’appui du S.D.I.S. et l’association départementale des J.S.P. du Doubs. À Pontarlier, le taux de féminisation dans les rangs des J.S.P. avoisine 25 %. “Ma sœur est pompier. C’est quelque chose qui m’a toujours attirée car c’est très varié. Je ne vis pas du tout cela comme une contrainte”, témoigne Justine, 14 ans actuellement J.S.P. 2.

Même envie chez Robin, 16 ans. “Mon père qui est pompier m’avait présenté tous les aspects du métier. Ici tout me plaît : le sport, la défense incendie. Pour être pompier, il faut être intéressé”, estime celui qui termine bientôt sa formation.

Les manoeuvres incendie font partie de la formation des jeunes sapeurs pompiers.

Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
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