Le lancement du chantier va démarrer avec quelques mois de retard pour réaliser cet équipement qui répond pleinement au développement de la crémation dans les pratiques funéraires, y compris sur le territoire du Haut-Doubs.
« Les travaux qui auraient dû débuter en novembre ont été retardés car il a fallu faire des études complémentaires et recalibrer le coût financier du projet. On n’a pas eu à gérer des recours », explique Didier Chauvin, président pour quelques mois encore de la Société publique locale (S.P.L.) « P.F.I. du Grand Pontarlier ».
Héritière de l’ancienne Régie municipale puis intercommunale des pompes funèbres, cette société publique locale a été fondée en 2017 pour gérer l’actuel funérarium et à moyen terme l’implantation d’un crématorium sur le territoire communautaire. Elle est composée exclusivement d’actionnaires publics : la C.C.G.P. qui détient 98 % du capital et les communes d’Arçon et de Labergement-Sainte-Marie. La gouvernance est assurée par un conseil d’administration formé d’élus de la C.C.G.P.

L’idée de construire un crématorium à Pontarlier n’est pas nouvelle mais les pratiques funéraires du Haut-Doubs longtemps tournées vers l’inhumation ne permettaient pas d’envisager l’exploitation d’un tel équipement dans des conditions viables. Le contexte a évolué notamment pendant le Covid avec une progression assez significative des crémations au point d’allonger, si ce n’est de saturer les délais pour avoir accès aux deux crématoriums de Besançon. D’où l’idée de relancer ce projet.
Le pourcentage de crémation est aujourd’hui de 50 % en France comme dans le Haut-Doubs. “L’an dernier, on était même à 57 % au niveau de la S.P.L.”, souligne Hervé Éberhardt, le directeur de la S.P.L. Une étude d’impact a ensuite été faite pour estimer le potentiel sachant qu’il faut pouvoir réaliser entre 300 et 500 crémations par an pour justifier un tel équipement.
Le 21 septembre 2023, le conseil communautaire a confirmé sa volonté de confier à la S.P.L. la réalisation d’un crématorium. Utile aussi de rappeler qu’un autre projet privé, cette fois-ci, était alors prévu sur la commune de Levier. “On s’est rencontré pour expliquer l’intérêt de l’implanter à Pontarlier en avançant les arguments démographiques et de centralité, sans oublier l’intérêt de pouvoir s’appuyer sur une structure comme la C.C.G.P. pour cautionner l’emprunt”, poursuit Didier Chauvin.
La com’com avait réservé une parcelle de 40 ares sur la zone des Gravilliers. “Le remboursement du terrain se fera sur les 32 années de la D.S.P. Chaque année, la S.P.L. paiera un équivalent-loyer dont le montant se situe entre 15 000 et 18 000 euros. La réalisation du projet a fait l’objet d’un appel d’offres auquel ont répondu des cabinets d’architecte spécialisés dans ce type d’équipement. Une assistance à maîtrise d’ouvrage a été confiée à Territoire 25. Le choix architectural dénote un parti pris pour la sobriété et une volonté d’un coût maîtrisé. Le coût global du projet s’élève à 3 millions d’euros T.T.C. dont 2 millions pour la partie travaux-construction”, annonce Didier Chauvin en se projetant sur une fin des travaux au cours de l’été 2027.
Le crématorium des Gravilliers sera équipé d’une salle de cérémonie pouvant accueillir jusqu’à 150 personnes. “Pour des raisons techniques, on ne pourra pas faire plus de cinq crémations par jour. Ce crématorium sera exploité par la S.P.L. mais accessible à toutes les sociétés de pompes funèbres”, complète Hervé Éberhardt le directeur. L’exploitation d’un tel équipement implique de recruter un ou deux salariés.
