La Fédération Unie des Auberges de Jeunesse dont fait partie celle de Pontarlier a été placée en liquidation judiciaire le 2 mars dernier avec poursuite d’activité jusqu’en juin. Le premier dossier sensible à gérer pour la nouvelle municipalité en sachant que l’établissement appartient à la commune.

Patrick Comte, le maire de Pontarlier, Jean-Louis Gagelin le 1er adjoint à l’économie et au commerce et Bertrand Guinchard désormais conseiller d’opposition, tous s’accordent sur l’importance de préserver l’auberge de jeunesse de Pontarlier du moins cette activité d’accueil et d’hébergement. Propriété communale, l’établissement compte 80 lits répartis en 23 chambres avec deux salles d’activité, un salon, une cuisine professionnelle et une cuisine partagée. L’équipe salariée comprend une directrice et un agent d’entretien en C.D.I., deux employés en C.D.D. et une apprentie en B.T.S. tourisme.

Cet équipement est utilisé par différentes clientèles : étudiants, touristes, pèlerins sur la Via Francigena, clubs sportifs en déplacements à Pontarlier, associations locales à la recherche de salle de réunion… La structure pontissalienne fait partie de la Fédération Unie des Auberges de Jeunesse (F.U.A.J.) qui exploite sous l’enseigne Hi ! France 36 établissements en France et emploie 317 personnes. À la suite de difficultés financières passées, cette fédération avait été placée en redressement judiciaire le 20 décembre 2018 dont elle est ressortie le 5 septembre 2019 via l’adoption d’un plan de continuation validé par le tribunal judiciaire de Paris. En septembre 2024, la F.U.A.J. était redevable à la Ville de Pontarlier d’une créance totale d’un montant de 18 212 euros, ce qui correspondait au montant annuel de la location du bien. Décision avait alors été prise par les élus en place d’accorder une remise gracieuse partielle à hauteur de 50 %, soit 9 106 euros.

Il faudra attendre l’annonce d’un éventuel repreneur des activités de la F.U.A.J. courant mai pour en savoir davantage sur l’avenir de l’auberge de jeunesse de Pontarlier.

La situation de la F.U.A.J. ne s’est malheureusement guère améliorée. Plusieurs raisons à cela : Covid, faible attractivité du tourisme social, arrivée d’une forte concurrence… Ce déclin a finalement abouti à la liquidation judiciaire prononcée le 2 mars avec une poursuite d’activité de trois mois. Les éventuels repreneurs avaient jusqu’au 10 avril pour déposer leurs offres. 14 candidats se sont manifestés dans les délais auprès du tribunal des activités économiques de Paris. La plupart seraient favorables à une reprise partielle de l’activité des actifs. Les juges étudieront ces candidatures en mai. “On attend d’être contacté avec un éventuel repreneur pour étudier sa proposition. On sait que cette auberge est indispensable à l’attractivité de la ville et elle correspond aussi à notre volonté de développer le tourisme local”, explique Patrick Comte en signalant qu’il n’y a plus de bail en cours depuis juin 2025.

La question est de savoir si l’activité de l’auberge de Pontarlier est viable ? “Oui, répond Bertrand Guinchard. Au cours des dix dernières années, il y a eu des exercices difficiles et d’autres très bons. Il y a aussi des possibilités de développement.” Sans communiquer sur les chiffres, Patrick Comte estime aussi que les plus mauvais bilans sont loin d’être catastrophiques. “Le prix de la nuitée avec le petit-déjeuner s’élève à 30 euros en moyenne. Il suffirait d’augmenter de 5 euros pour équilibrer les bilans négatifs.”

Dans les bonnes années, la fréquentation peut grimper jusqu’à 8 000 nuitées. Et l’auberge semble plutôt appréciée avec une note de 8,5/10 sur Booking. Tous les scénarios sont possibles : poursuite avec le repreneur de la F.U.A.J., accompagnement d’un repreneur local ou d’un groupement de repreneurs. Patrick Comte ne semble guère partant pour une reprise en régie. À chacun son métier.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Pontissalienne
Abonnez-vous en ligne en quelques clics
Abonnement La Presse Pontissalienne