Formé à la taille et au sertissage de pierres dont il a fait son métier, il poursuit inlassablement sa quête d’échantillons rares dans les massifs montagneux.

Il a grandi à Villers-le-Lac et s’est naturellement tourné vers le lycée Edgar-Faure de Morteau pour y obtenir deux B.M.A. (Brevet des Métiers d’Arts) de joaillerie et sertissage. Il obtiendra en 2018 une médaille d’or régionale en joaillerie aux Olympiades des métiers. “J’ai effectué de nombreux stages à Nancy, Metz et place Vendôme à Paris pour me perfectionner en joaillerie et sertissage. J’ai également complété ma formation par un stage chez “Gem-Forest” avec Julien Boméo, expert gemmologue et lapidaire”, note Nathaël.

Nathaël Béjean en prospection dans les Alpes.

Fort de ces premières expériences, il rejoint dès 2019 une entreprise horlogère suisse. Une gemme est un terme générique qui désigne toute pierre ou matière organique (perle ou ambre) taillée, polie ou façonnée pour être portée en bijou. En plus de son activité professionnelle, la taille des minéraux est aussi devenue son hobby. “J’ai créé un compte Instagram “Rocks’N Clarity” où je montre toutes les étapes de mon travail en vidéo et des photos sur des moments précis et importants. C’est un métier que l’on apprend sur le tas et il faut de la patience, de la minutie bien sûr, mais aussi de la ténacité. L’expérience est fondamentale car chaque pierre se taille différemment, en fin de compte c’est une activité artistique et chaque lapidaire a sa patte et son identité”, précise Nathaël.

Dès qu’il en a l’opportunité, il parcourt les massifs des Vosges, du Massif Central ou des Alpes pour y découvrir de nouveaux trésors minéralogiques. “C’est un loisir qui est redevenu à la mode. Les collectionneurs recherchent la rareté ou collectionnent sur des thématiques”, ajoute-t-il. Beaucoup d’amateurs se rendent en Auvergne à la recherche d’améthystes ou de saphirs que l’on ne trouve en France que dans la région d’Issoire. Ce massif connaît même ces dernières années une véritable ruée vers l’or. L’Auvergne possède une longue tradition aurifère notamment dans la haute vallée de la Dordogne et quelques rivières alluvionnaires (la Burande, l’Allier et la Jordanne).

Une tourmaline taillée aux multiples facettes

Même si l’exploitation industrielle a depuis longtemps disparu, l’orpaillage est devenu une activité touristique importante mais réglementée. Une grosse communauté s’est formée et rejoint régulièrement les événements organisés par l’association minéralogique “Potasse” (aussi appelée “Kali”) basée à Steinbach (Haut-Rhin). Créée en 1974 par des anciens des Mines de Potasse d’Alsace (M.D.P.A.), elle protège le patrimoine minier local, promeut les sciences de la terre et gère la célèbre mine Saint-Nicolas dans le vallon du Silberthal. “Nous nous donnons aussi rendez-vous tous les ans en juin à Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin) pour le plus important salon européen de minéralogie. C’est l’occasion d’échanger sur nos dernières découvertes et d’y dénicher éventuellement un nouveau trésor”, conclut Nathaël Béjean. Pour les amateurs et curieux, il exposera les 10 et 11 octobre prochains à Soultz (Haut-Rhin) au 48ème salon de minéralogie “Kalitroc”.


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