Ils sont 79 jeunes à attendre la fin du confinement au FJT Les Oiseaux à Besançon

Dylan Vivares fait partie de ces 79 jeunes "assignés à résidence" au FJT.

Sur les 130 logements loués au Foyer des jeunes travailleurs "Les Oiseaux", rue des Cras à Besançon, 79 sont encore occupés par des jeunes restés en confinement et qui composent avec les contraintes.

Dylan, 22 ans, est apprenti. Il travaille en alternance, 15 jours à l'école et 15 jours dans l'usine bisontine d'outils portatifs où il apprend son futur métier. Mais depuis le 17 mars, plus d'école, et ce Martiniquais a préféré rester à Besançon plutôt que de repartir dans son île natale. "Les accès aux aéroports qui organisaient des départs pour les DOM-TOM étaient un peu compliqués depuis Besançon et là-bas ou ici, c'est le confinement de toute façon..." note-t-il avec philosophie. Rester à Besançon lui permet de poursuivre son contrat auprès de son employeur, même si en ce moment, il est malade, sujet aux allergies. Alors ses journées, il les passe au FJT, entre sa petite chambre et les espaces communs.
Comme lui, près de 80 autres jeunes venus de tous horizons n'ont qu'une adresse actuellement : le 48, rue des Cras à Besançon. Les 50 autres avaient regagné leur foyer familial au moment du confinement.
Chacun dans sa chambre, de la plus exiguë (12 m2) au studio plus spacieux (22 m2), ces confinés du FJT organisent leur vie quotidienne depuis trois semaines dans un foyer quasiment à l'arrêt, mais pas sans vie. "Le FJT a toujours été une structure ouverte sur l'extérieur avec un restaurant accessible à tous, une programmation culturelle également ouverte à tout public, des salles que nous louons aux structures de l'extérieur. Tout cela est désormais fermé" note Emmanuel Vantard, le directeur des Oiseaux.
Mais la vie continue, à un autre rythme. Sur les 26 salariés de la structure, une grande majorité est en chômage partiel. "Une dizaine travaille encore, partiellement. En cuisine, d'habitude, ils sont dix. Depuis trois semaines, ils ne sont plus de deux à préparer les repas du matin et du midi et un seul pour servir les repas du soir" ajoute le directeur.
S'il a mis un peu de temps à faire comprendre à tous les jeunes la nécessité de respecter la distanciation sociale, un nouveau rythme de vie s'est peu à peu installé dans les lieux. Le FJT a la chance de disposer d'une grande terrasse où les jeunes peuvent sortir fumer une cigarette ou se dégourdir les jambes. La salle informatique a été réaménagée de telle sorte que les distances soient respectées et les espaces collectifs, salles de jeu notamment, ont elles aussi été adaptées aux règles sanitaires.
En cette période de plus grande solitude, la direction du FJT a mis un point d'honneur à "mettre l'accent sur l'accompagnement individualisé de nos résidents, notamment pour les aider dans toutes leurs démarches administratives. En cette période, on essaie au maximum de garder le lien avec nos jeunes" note Emmanuel Vantard.

Les jeunes s'accordent quelques sorties dans le quartier des Cras pour faire leurs courses notamment.


À l'échelle de la Bourgogne-Franche-Comté, quelque "3 500 jeunes sont restés au sein des 21 Résidences Habitat Jeunes gérées par l'Union Régionale pour l’Habitat des Jeunes" note sa déléguée régionale Solène Navéos. "Une partie des 5 000 jeunes logés dans nos structures n’a effectivement pas eu d’autre possibilité que de rester confinée dans les résidences, et notamment les jeunes les plus fragiles et isolés." C’est par exemple le cas des 10% de jeunes placés dans les résidences Habitat Jeunes par l’Aide Sociale à l’Enfance et des 10 % de jeunes venus de l’étranger et des départements d’Outre-mer, ainsi que "les jeunes isolés et en rupture familiale, nombreux dans les résidences Habitat Jeunes."