Dans le cadre du concours de la Résistance et de la déportation, quinze élèves volontaires du lycée Faure ont rendu hommage aux frères Poncet, originaires du Bélieu. Résistants, Roger et Louis ont été déportés, ont survécu puis témoigné. Un panneau mémoriel, fruit du travail de recherche des lycéens, va prochainement être installé au village.
Le travail a été gigantesque, minutieux, et a nécessité le concours de plusieurs interlocuteurs. Entre autres, Jean-Michel Blanchot, du Souvenir français, Bernard Vuillet, spécialiste de l’histoire de la Résistance et de la Seconde guerre mondiale dans le Val de Morteau, Karine Dupoux du Musée de la résistance et de la déportation à Besançon, l’Office des anciens combattants ou encore la municipalité du Bélieu.
Quinze élèves volontaires du lycée Edgar-Faure n’ont pas hésité à s’investir, sur leur temps libre, dans une grande enquête historique dans le cadre du concours de la Résistance et de la déportation. “Le travail devait s’inscrire dans le thème de l’édition 2026 : “Survivre à la fin de l’univers concentrationnaire nazi et de la Shoah (1944-1948) : survivre, témoigner, juger”, explique Marylène Rognon, professeure d’histoire. Nous avons donc décidé d’orienter nos recherches vers des déportés résistants locaux ayant survécu à la déportation. Nous avons identifié deux frères originaires du Bélieu : Louis et Roger Poncet. Résistants, ils furent arrêtés, déportés, participèrent aux marches de la mort à la fin de la guerre, et eurent la particularité de survivre tous deux à la déportation.”

Pour retracer le parcours des deux frères, les adolescents ont cherché dans les dossiers des déportés résistants conservés au service historique de la Défense à Caen. Ils ont aussi été en contact avec la fille de Roger Poncet, Chantal Barbé, qui a gardé des lettres, photographies et archives familiales. “Au départ, nous envisagions de réaliser un fascicule en partenariat avec le Souvenir français. Cependant, les élèves ont rapidement exprimé le souhait de produire quelque chose de plus visible et durable. Ils ont alors proposé de concevoir un panneau mémoriel destiné à être installé dans l’espace public. Cette idée s’inscrit dans une dynamique locale : dans le Val de Morteau, plusieurs panneaux historiques ont été installés ces dernières années pour valoriser la mémoire du territoire, reprend Marylène Rognon. Les élèves ont souhaité mettre en avant une carte retraçant le parcours des deux frères, de leur engagement dans la Résistance jusqu’à leur retour des camps. Nous avons choisi de présenter les deux frères ensemble car, si leur expérience de la déportation présente de nombreuses similitudes, leur rapport au témoignage est très différent. L’un a témoigné après la guerre, notamment dans des lycées français et allemands. L’autre, en revanche, n’a jamais témoigné publiquement. Cependant, il a conservé avec soin de nombreuses lettres et documents, qui constituent aujourd’hui une forme de témoignage indirect mais essentielle pour comprendre son expérience”, souligne la professeure d’histoire.
Si Morteau est évoqué au départ pour installer le panneau, Louis Poncet ayant été conseiller municipal de la ville à l’origine du jumelage avec Vöhrenbach, les élèves se décident plutôt pour Le Bélieu, en face de la ferme familiale. Un lieu symbolique au centre du village, fréquenté et situé sur le sentier “Sur les pas d’Isenbart”. Le panneau a été inauguré pendant la cérémonie du 8 mai.
Les lycéens ont par ailleurs obtenu le premier prix départemental du concours. Ils sont invités à la remise des prix le 3 juin à la Préfecture de Besançon.
