Il est ce qu'on appelle "une vocation tardive". Parcours.

Il est arrivé récemment sur le Val de Morteau et rapidement, ce jeune prêtre ordonné l’an dernier a été confronté à la situation inédite de la crise sanitaire. Il raconte.

Morteau. Sylvain Herrgott, jeune prêtre déconfiné
Le père Sylvain Herrgott dans l’église de Morteau toujours adaptée aux normes sanitaires en vigueur.

Originaire de Gray, le père Sylvain Herrgott est ce qu’on a l’habitude de nommer “une vocation tardive.” Après avoir arrêté les études assez tôt et passé une douzaine d’années à travailler dans la métallurgie puis l’industrie agro-alimentaire en Haute-Saône, également été conseiller municipal à Arc-les-Gray, c’est à 31 ans qu’il emprunte la nouvelle voie qui le conduira à devenir prêtre l’an dernier.
Ses certitudes, devenues vocation, se sont affinées au fil du temps. “Ma grand-mère maternelle était très pratiquante, j’ai été baptisé mais je n’avais pas de pratique religieuse. Je faisais ma vie, Dieu faisait la sienne” dit-il.
Un premier appel à 15 ans, “mais je me suis vite dit que je n’étais pas fait pour ça”, puis “il s’est passé une douzaine d’années assez calmes”, jusqu’au jour où sa chère grand-mère décède, en 2005. “Ce jour-là, le prêtre m’a dit “Ta grand-mère est avec toi aujourd’hui, et elle le sera toujours.” Cette phrase que je n’ai pas tout de suite comprise, m’a bouleversée” raconte le père Sylvain.
À 27 ans, il entre donc en catéchuménat, c’est-à-dire dans le parcours première communion qu’il n’avait jamais faite, puis confirmation dans la foulée. “Et c’est là que l’appel est venu.” Il intègre alors différents groupes de réflexion, assiste aux JMJ de Madrid qui le marqueront très fort. J’ai dit, alors “C’est ça  !
Il écrit ensuite à l’archevêque de Besançon pour lui faire part de son désir d’entrer en séminaire. Le prélat de Besançon l’envoie à Orléans où le jeune homme peut bénéficier d’une remise à niveau scolaire, puis entame un parcours de formation long de six années durant lesquelles il affermit ses convictions et se forme à la théologie. Il passe des diplômes jusqu’à l’équivalent d’une licence. “Ces études m’ont redonné confiance en moi.” L’enquête canonique menée par la hiérarchie ecclésiastique confirmera les dispositions du jeune homme à devenir prêtre. Son ordination a eu lieu le 29  juin 2019, il y a tout juste un an, à la cathédrale de Besançon par l’archevêque Jean-Luc Bouilleret qui le nomme dans le Val de Morteau en tant que vicaire attaché au curé en place, Michel Jeanpierre. Âgé aujourd’hui de 39 ans, Sylvain Herrgott a reçu un mandat de trois ans sur le Val de Morteau, il est également au service des églises des plateaux de Maîche et du Russey.
Ses débuts de prêtre ont donc été bouleversés par l’arrivée subite du Covid-19 sur le Val de Morteau en mars. “Je m’étais déjà projeté dans les fêtes de Pâques et ce virus a tout arrêté du jour au lendemain… Malgré cela, nous avons célébré tous les jours la messe dans l’église avec le père Jeanpierre, avec en face de nous, des chaises vides, mais pourtant bel et bien remplies de la présence des fidèles” dit-il.

Ce confinement a permis aux gens de “retrouver le sens de la famille en même temps que de la parole de Dieu en famille.”

Bien sûr, il y a eu aussi ces moments douloureux des funérailles, presque un enterrement par jour fin mars-début avril où le confinement imposé doublait la peine des familles endeuillées. “Nous avons tenu malgré tout à faire une cérémonie complète. Aux familles, nous avons proposé de célébrer une eucharistie et faire mémoire de leurs défunts plus tard, après le déconfinement. Elles apprécient beaucoup, ça les aide dans leur travail de deuil.”
Depuis le début de l'été, les fidèles sont revenus peu à peu. Avec les précautions sanitaires et les distances à respecter. Cette période, le père Herrgott l’a vécue comme tout le monde de manière particulière. Il estime cependant que ce confinement a permis aux gens de “retrouver le sens de la famille en même temps que de la parole de Dieu en famille. Même si on ne pouvait pas se serrer la main, ou se prendre dans les bras, même confinés chez nous, on était une vraie communauté. Du positif est né de cette crise” estime le jeune religieux désormais déconfiné.

Morteau. Sylvain Herrgott, jeune prêtre déconfiné
Masques et gel hydroalcoolique étaient toujours de rigueur en ce début d'été.