Le frelon asiatique serait en partie responsable de l’effondrement de la biodiversité. Dans la région, des acteurs économiques et associatifs s’associent pour lutter contre sa prolifération

L’association Donne moi des ailes, la fondation Évole énergie et la société A.G.F. s’associent pour inciter les particuliers et les collectivités à se doter de pièges contre la prolifération du frelon asiatique, une plaie pour la biodiversité selon eux.

Ces trois partenaires ont créé ensemble le mouvement “Battements d’ailes” (www.battementsdailes.fr). Leur objectif : inciter le plus possible de particuliers, voire d’entreprises dans le cadre du mécénat, à s’équiper de pièges à frelons asiatiques en cette période où l’espèce se réveille et s’apprête à poursuivre son inexorable prolifération dans notre région, en France et en Europe, depuis son arrivée fortuite dans les Landes en 2004.

Hervé et Anne-Françoise Belzung, de l’association Donne moi des ailes.

La Fondation Évole énergies, basée à Baume-les-Dames incite par exemple les entreprises à acheter des pièges à frelons asiatiques pour les offrir à leurs salariés. Pour cela, elle a contacté récemment quelque 4 000 entreprises de la région pour les sensibiliser et les inciter à acheter ces pièges via du mécénat d’entreprise. Le mouvement “Battements d’ailes” sollicite également les mairies pour qu’elles s’équipent. “On a déjà vendu et placé plus de 500 pièges depuis le début de l’opération il y a moins d’un mois” se réjouit Hervé Belzung, bénévole à l’association Donne moi des ailes.

Le piégeage des frelons asiatiques se fait au moyen de pièges sélectifs qui préservent les autres espèces d’insectes

C’est en ce moment, au début du printemps, que tout se joue pour le frelon asiatique avec la sortie des reines et leur prochaine ponte, “sachant qu’une seule reine piégée en 2026, c’est potentiellement plus de 50 nids qui ne verront pas le jour en 2027, plus de 3 000 en 2028 et 166 000 en 2029 !” poursuit M. Belzung. Pour tenter de lutter contre la prolifération exponentielle de cet insecte vorace qui dévore tout sur son passage (des mouches aux papillons en passant bien sûr par les abeilles et autres pollinisateurs), il n’y a qu’une manière : le piégeage. “Pour les frelons asiatiques, qui ne sont pas à confondre avec les frelons européens qui eux, se nourrissent de chenilles, les pièges sont sélectifs, c’est-à-dire qu’ils vont sélectionner, à l’entrée et à la sortie, uniquement les frelons asiatiques grâce à des trous adaptés à leur taille, entre 7 et 9 mm” détaille François Ajouz, responsable de la société A.G.F. (Abeille Guêpe Frelon) basée à Émagny, à une vingtaine de kilomètres de Besançon.

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Lutter contre le frelon asiatique est pour ces spécialistes une question cruciale, celle de la préservation des espèces (insectes, donc oiseaux, chauves-souris, etc.). Lutter permet aussi de limiter les risques pour tous ceux qui travaillent dans les espaces verts de se faire piquer en cas de dérangement d’un nid dans un bosquet ou un arbre.

Arrivé en France par les Landes en 2004, le frelon asiatique a peu à peu envahi notre pays où il sévit désormais partout. L’ensemble de l’Europe de l’Ouest est désormais touchée et l’insecte tueur est en train de grignoter l’Europe orientale. On ne peut sans doute plus stopper la prolifération du frelon asiatique, mais on peut encore la ralentir et réduire son impact sur la biodiversité. “Il n’y a qu’un moyen, c’est le piégeage !” notent en chœur les initiateurs de ce projet dont la croisade contre le frelon asiatique ne va pas se relâcher jusqu’à mi-mai, date où les reines cessent leur ponte. Le coût d’un piège est inférieur à 25 euros.