Que ce soit avec le lait ou la viande porcine, les paysans francs-comtois ont toujours su valoriser ces matières premières. En témoignent bien sûr les salaisons et l’emblématique saucisse de Morteau qui fait pratiquement partie du patrimoine alimentaire français. Interporc Franche-Comté qui structure aujourd’hui la filière porcine régionale continue à privilégier la recherche de la qualité, seul moyen de démarquer. Importance de maintenir les débouchés existants pour certains produits, mais surtout ambition d’en trouver de nouveaux, volonté de favoriser les installations des jeunes éleveurs, de rester en phase aussi avec les attentes sociétales, de gagner en autonomie. Sans oublier bien sûr la raison d’être d’Interporc Franche-Comté, à savoir, prendre son destin collectivement en main.

L’ambition de valoriser toute la production porcine régionale
Si elle n’a pas le rayonnement d’un C.I.G.C. et ses volumes de production, Interporc Franche-Comté affiche sa volonté de centraliser toutes les compétences et de contribuer à une meilleure valorisation à tous les stades de la filière porcine.
On recense 183 sites d’élevage porcin dits professionnels en Franche-Comté, dont 80 engagés dans les filières I.G.P. Ils représentent plus de 90 % des porcs produits dans la région.
“La Franche-Comté abrite 1 % du cheptel national. Soit 180 000 porcs nés et élevés en Franche-Comté. Ce qui signifie que les éleveurs comtois répondent à 40 % de la demande de consommation qui correspond à 400 000 porcs”, indique Claire Legrand, la directrice d’Interporc Franche-Comté.

L’interprofession emploie quatre autres salariés. Chacun est dédié à diverses tâches : cahier des charges, audit, volet sanitaire, plan d’épandage, installation, secrétariat… Toute une équipe au service des éleveurs.
“On essaie de mener à bien les projets d’installation en se heurtant parfois à des a priori négatifs, comme ce fut le cas sur l’élevage porcin à Larnod. Les gens qui ne sont pas de la partie s’insurgent parfois quand on parle d’un projet à 1 000 places sans savoir que cela suffit tout juste à rémunérer un salarié à mi-temps”, essaie de relativiser Jean-Michel Guignard, le président d’Interporc Franche-Comté.

Comme tous les acteurs de cette petite filière, il estime impératif de trouver des plus-values. “Si on arrive à mieux valoriser cette production, on favorisera le renouvellement des générations et l’avenir sera garanti.” Beaucoup d’éleveurs de la filière porcine comtoise exercent sur des schémas de ferme associant production laitière et engraissement porcin.
“Tout le monde se connaît sur une petite filière comme la nôtre. C’est plus facile d’instaurer un dialogue, de mettre en place une action”, apprécie Yannick Pourchet, naisseur-engraisseur au G.A.E.C. de la Ricorne à Maisons-du-Bois-Lièvremont.
Le succès du comté pourrait aussi profiter à l’élevage porcin régional. Pour certaines exploitations, le développement d’un atelier porcin offre une possibilité de se diversifier pour consolider des emplois. Les marges de progression de la filière reposent sur la nécessité de valoriser, au-delà des produits emblématiques sous I.G.P., toute la production porcine.
Dans cette optique, Yannick Pourchet évoque l’intégration de l’indicateur des prix de production dans les contrats commerciaux mis en place depuis cinq ans. “On a lancé ce dispositif avec 9 éleveurs. C’est plus sécurisant et cela permet de se projeter et de rassurer les banques.” Jean-Michel Guignard n’oublie pas d’évoquer “la chance d’avoir un abattoir porcin à Valdahon et d’autres structures multi-espèces comme à Pontarlier et Champagnole qui fonctionnent aussi grâce aux porcs.”

Chiffres-clés Interporc en Franche-Comté :
- 395 détenteurs de porc
- 160 sites professionnels qui produisent 179 385 porcs charcutiers, dont 90% sont sous I.G.P. (Alimentation au lactosérum)
- 52 sites en plein air, pour 2 934 PC
- 6 abattoirs, dont un abattoir spécialisé avec l’abattoir des éleveurs de La Chevillotte
- 320 000 porcs abattus en 2025
- 27 000 tonnes équivalent carcasse répondant à environ 40 % de la consommation en viande de porc de la population de la FC
- 29 salaisonniers engagés dans la filière Morteau et Montbéliard
- L’ensemble représente environ 1 500 emplois
