La famille Dornier est toujours représentée parmi les associés à la tête d’une entreprise qui a su se diversifier et se moderniser pour continuer à se développer. En projets : la modernisation de la minoterie historique et la volonté de structurer une filière bio régionale de production de céréales et oléagineux. Cap sur l’autonomie.
Difficile d’évoquer la minoterie Dornier sans penser à Pierre Dornier qui a longtemps dirigé l’entreprise fondée par son grand-père François Dornier en 1926. Trois cadres sont entrés en 2020 et ont rejoint Thomas Dornier, actionnaire de l’entreprise. “Au décès de Pierre Dornier, on a accepté de reprendre le reste des parts de la famille Dornier et celles de Dijon Céréales” explique Damien Guyot désormais président de la minoterie. Il est associé à Thomas Dornier, neveu de Pierre, gestionnaire de la minoterie de Bians, Paul Bignon, responsable de l’activité bio et Ramazan Akcay, en charge de la production et de la logistique.

Toute la production - aliment pour bétail conventionnel et bio, meunerie - était centralisée sur le site historique qui s’est spécialisé pour ne produire que de la farine panifiable. 5 000 tonnes sortent chaque année du moulin de Bians-les-Usiers. En 2002-2003, l’entreprise a fait l’acquisition du moulin Girardet à Bannans pour en faire son site de nutrition animale bio. L’évolution de la réglementation imposait de séparer le conventionnel du bio. 35 000 tonnes d’aliments bio sont produites à Bannans pour être distribuées dans tout le Grand Est.
En 2005, la maison Dornier investit dans la construction d’un silo de stockage sur la zone de la Croix-de-Pierre à Étalans. L’outil connaîtra plusieurs extensions. Fin 2010, le moulin de Bians-les-Usiers est touché par un incendie. Suite à quoi Pierre Dornier décide de transférer la partie aliment du bétail conventionnel dans un nouvel outil de production construit en 2012 toujours sur la zone de la Croix-de-Pierre. Un choix stratégique pour se rapprocher d’une part de la zone de production de céréales et d’autre part occuper un territoire qui restait à conquérir sur le plan commercial. Ce site représente 45 000 tonnes d’aliment livrées, pour l’essentiel, dans le périmètre des filières A.O.P.-I.G.P. jurassiennes en élevages bovins et porcins.

L’avenir de la minoterie s’inscrit dans la rénovation du site historique de Val d’Usiers. “Au cours des quinze dernières années, les investissements industriels et humains de l’entreprise se sont concentrés sur les sites de production animale à Bannans et à Étalans. On va engager un gros plan d’investissement sur le moulin du Val d’Usiers en renouvelant totalement la ligne de mouture. Cela permettra d’augmenter la productivité et de pouvoir proposer d’autres types de farines pour s’ouvrir sur des farines bio, label rouge, seigle. Cet investissement est indispensable pour pérenniser notre activité meunerie basée sur la transformation des blés locaux issus de notre collecte régionale”, justifie Damien Guyot.

La minoterie Dornier emploie aujourd’hui 55 salariés pour 47 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’entreprise a connu une belle évolution depuis ces dernières années. Elle s’explique par le développement de l’agriculture bio en France, la modernité des outils de production à Bannans et Étalans, sans oublier d’y inclure la vitalité des filières A.O.P.-I.G.P. qui se répercute à tous les niveaux : aliment, machinisme, bâtiment… “On s’est aussi doté d’une force commerciale plus ambitieuse : huit personnes pour la nutrition animale conventionnelle, cinq en nutrition animale bio et deux en meunerie. On travaille avec près d’un millier de clients, du particulier à la grande distribution”, poursuit le président.

L’entreprise va prochainement se lancer dans une démarche R.S.E. axée sur la qualité de vie au travail et les enjeux environnementaux. La minoterie Dornier souhaite également gagner en autonomie sur la partie bio. “On incite certains de nos producteurs bio de céréales à semer du colza et du tournesol pour produire in fine de l’huile de consommation. Les tourteaux résultant de cette trituration seront intégrés dans la production d’aliment du bétail. Chacun s’y retrouve. Cela représente pour le producteur une source de diversification dans l’assolement tout en apportant de la valeur ajoutée à sa production. Pour nous, c’est une façon de gagner en autonomie, d’être moins dépendant des marchés mondiaux avec des prix de matières très fluctuants. Cette filière interne qui a été initiée depuis trois ou quatre ans est en pleine expansion.”
