À Besançon, comme ailleurs en France, il ne s’est jamais aussi peu vendu de logements neufs. Signe positif : le nombre de permis de construire repart à la hausse.

2025, annus horribilis pour la construction et la vente de logements neufs à Besançon. L’an dernier, à l’échelle de la ville, il ne s’est vendu que 140 logements neufs (en collectifs). Et à peine 13 nouveaux chantiers ont été lancés. “Le niveau n’a jamais été aussi bas” résume Fabrice Jeannot, promoteur bisontin vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers (F.P.I.) de Bourgogne-Franche-Comté. Mais Besançon n’est pas un cas à part, le chef-lieu du Doubs suit la tendance nationale. En France, il s’était vendu quelque 130 000 logements neufs en 2019, pour à peine 51 000 en 2025.

L’an dernier, pas plus de 140 logements ont été vendus dans des programmes neufs à Besançon (photo D.R.).

Actuellement à Besançon, il existe une vingtaine de programmes neufs à vendre, soit un total de près de 650 logements. Et donc, seulement 13 chantiers ont été lancés l’an dernier. L’année a été difficile également parce que les coûts de construction ont encore été enchéris, notamment à cause de la norme R.E. 2020 modifiée applicable aux permis de construire déposés à partir de janvier 2025, une norme plus engageante sur le plan du bas carbone.

Dans ce marasme, seule note positive à retenir : le nombre de permis de construire est reparti à la hausse. 624 logements ont été autorisés en 2025 à Besançon, contre à peine 353 en 2024. “On retrouve le niveau de 2021-2022” constate le vice-président de la F.P.I.

COMMENTAIRE - “La richesse de Besançon, c’est son foncier”

Le vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers (F.P.I.) de Bourgogne- Franche-Comté croit pourtant toujours au potentiel de la ville de Besançon.

Le Bisontin Fabrice Jeannot est le vice-président de la Fédération des promoteurs immobiliers (F.P.I.) de Bourgogne-Franche-Comté.

Comment analysez-vous les chiffres de la construction de logements neufs en 2025 ?
Fabrice Jeannot
: 2025 a été une année noire pour la profession et les chiffres bisontins suivent la tendance nationale où il s’est construit entre 50 et 60 % de logements en moins par rapport à 2019. Une des explications est qu’à chaque fois qu’un dispositif fiscal incitatif disparaît, les conséquences se font immédiatement sentir sur la production de logements.

Seul point positif dans ce sombre tableau : le nombre de permis de construire est reparti à la hausse. Que signifie cet indicateur ?
F.J.
: On a du mal à penser qu’on peut faire pire qu’en 2025. Cela prouve le dynamisme des acteurs locaux et que les gens croient en l’avenir. Le déficit de logements à Besançon se creuse d’année en année et cette sous-production n’a pour effet que de créer une tension sur le marché locatif et cette conséquence-là, ce sont toujours les plus fragiles qui les subissent en premier.

Qu’est-ce qui peut dégripper la machine ?
F.J.
: Nous comptons beaucoup sur le statut du bailleur privé qui, s’il est validé par l’exécutif, sera au moins aussi intéressant que l’ancien dispositif Pinel car il offrira des incitations intéressantes. Avec ces aides à la vente, qui comprendra aussi des régulations de loyers, cela contribuera aussi à ce que les prix n’explosent pas.

Près de 650 sont actuellement à la vente sur le territoire de Besançon. C’est donc insuffisant pour répondre aux besoins ?
F.J.
: Il faut bien comprendre que ce chiffre doit être lissé sur plusieurs années parce qu’un programme immobilier neuf, il s’étale sur au moins 4 ou 5 ans entre sa conception et la fin de sa commercialisation. En temps normal à Besançon, il doit se vendre entre 300 et 400 logements. L’an dernier, ce chiffre est tombé à 140 à peine, c’est bien sûr insuffisant.

Avec les restrictions à la construction, le Zéro artificialisation nette, etc., êtes-vous tout de même optimiste localement ?
F.J.
: Dans le cadre du P.L.U.I., Besançon n’a pas perdu de terrain à bâtir et Besançon a la chance d’avoir encore du foncier, contrairement à une ville comme Dijon qui a déjà tout consommé. Peu de villes ont la chance par exemple d’avoir 80 000 m² en cœur de ville sur 6 hectares, comme à Saint-Jacques. Il ne faut surtout pas gâcher ce potentiel. Je pense que grâce à son foncier, Besançon a encore de belles années devant elle sur le plan immobilier.


Cet article vous est proposé par la rédaction de La Presse Bisontine
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