Les noms de seize pontissaliens figurent sur le monument aux martyrs de la Déportation. Parmi eux, Joseph Kalina dont on pourra découvrir le parcours de vie présenté dans le cadre de la semaine de la Déportation à la chapelle des Annonciades du 24 avril au 2 mai
“Les déportés avaient le droit de recevoir deux lettres par mois. Il fallait qu’elles soient écrites en allemand et ma grand-mère, l’épouse de Joseph Kalina, avait gardé tous ses brouillons en français. Cela nous a beaucoup aidés pour reconstituer son parcours”, explique Serge Kalina, le petit-fils qui a d’ailleurs rassemblé toute cette correspondance à l’intérieur d’un livre intitulé “Mon grand-père, cet inconnu.” Cet ouvrage fera partie des éléments exposés dans la salle annexe des Annonciades où les visiteurs pourront découvrir la vie de ce déporté. Cette présentation associe l’association Anciens et Familles de Déportés Résistants Pontarlier et l’association culturelle pontissalienne Fortin.

Le parcours est organisé en quatre parties : l’histoire de Joseph Kalina de sa Tchécoslovaquie natale à son installation dans le Haut-Doubs, son arrestation en septembre 1942, la déportation au camp de Sachsenhausen près de Berlin où il restera 28 mois, et ce qui s’est passé après la libération du camp.
Né en 1896 en Tchécoslovaquie, Joseph Kalina était mécanicien avant de venir en France où il a travaillé dans plusieurs régions et notamment à Jougne. C’est là qu’il rencontre sa future épouse Adèle Lafferrière. “Ils viennent ensuite à Pontarlier et mon grand-père trouve un emploi de mécanicien aux Forces motrices de la Loue. Il est arrêté sur dénonciation aux Rosiers le 10 septembre 1942 puis déporté d’abord à Compiègne avant de rejoindre le camp de Sachsenhausen en janvier 1943. De là, il est affecté en commando de travail à l’usine d’aviation Heinkel. Après la libération du camp en avril 1945, il est hospitalisé à côté de Berlin car gravement malade. Il y meurt le 30 mai 1945, à l’âge de 48 ans.”

La chapelle des Annonciades servira de cadre à une autre exposition prêtée par l’Amicale de Sachsenhausen. Elle permettra aux visiteurs de découvrir la vie quotidienne du déporté dans ce camp qui servait à l’instruction des futurs gardiens des autres camps. Des objets d’époque : outils, tenue, effets personnels seront visibles, tout comme la maquette originale du bombardier Heinkel.
“Cette maquette a été réalisée par des déportés au retour des camps en hommage à leurs camarades pontissaliens décédés en déportation”, précise Serge Kalina qui est aujourd’hui le président de l’association des Anciens et Familles de Déportés Résistants de Pontarlier. Cette structure a été créée en 2006 par les derniers déportés pontissaliens pour participer aux cérémonies commémoratives. C’est elle qui a œuvré pour obtenir la construction du monument aux martyrs de la Déportation situé face au Grand Cours.
“L’association fait des interventions en milieu scolaire. Elle contribue à entretenir la mémoire de ces déportés et témoigne aussi des risques du totalitarisme.”
Des visites scolaires seront organisées aux Annonciades pendant toute la semaine de la Déportation. La médiathèque et les librairies de Pontarlier participent également en présentant des romans et ouvrages historiques sur la Déportation. Sans oublier le ciné-club Jacques-Becker qui a programmé le 21 avril à 18 h 30 et 20 h 45 le film “La zone d’intérêt” de Jonathan Glazer. “La chapelle des Annonciades sera accessible chaque jour de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures”, précise Serge Kalina en citant les deux autres partenaires de cette semaine mémorielle, à savoir la Ville de Pontarlier et le Musée de la résistance et de la déportation de Besançon.
