Metteur en scène, scénographe, architecte… Originaire du Russey, Patrick Mélior a nourri le théâtre pendant plus de 50 ans. Il vient de s’éteindre.

Il y a quelques mois seulement, nous étions allés à la rencontre de cet amoureux des grands textes aux adaptations audacieuses. Hasard ou prédestination, son nom de famille est l’anagramme presque parfaite de Molière. À une lettre près. Qu’importe le -e manquant, Molière et Mélior avaient la passion du théâtre en commun. Bien que le Russéen nous l’ait avoué : les auteurs français ne sont pas forcément ses préférés. “Molière, j’aime bien”, glissait Patrick Mélior quand nous l’avions rencontré à son domicile il y a quelques mois. Il se savait malade. Patrick Mélior pratiquait le langage du théâtre avant celui de la langue française. “J’aime travailler l’adaptation de textes, de films aussi. Quand je tombe sur un texte que je ne comprends pas, écrit en russe, je le traduis d’abord en théâtre puis en français”, expliquait-il alors.

Patrick Mélior avait compilé 50 années de théâtre dans des classeurs.

Ce langage du théâtre, Patrick Mélior l’a aussi traduit sans les mots. Mais avec son art à lui, sa science, sa technique, ce qui a bercé toute sa vie professionnelle et nourrit son approche du théâtre : la scénographie. Architecte D.P.L.G. (diplômé par le gouvernement), Patrick Mélior a créé et enseigné la scénographie à l’École nationale d’architecture de Paris. La rencontre de l’architecture et du théâtre l’a ainsi poussé à se spécialiser dans la scénographie.

En parallèle de ses études à Paris, Patrick suit donc des cours de théâtre. Au début des années quatre-vingt-dix, il était revenu s’installer à Besançon où il a créé le Théâtre Alcyon, du nom de l’oiseau mythique symbole de paix et de sérénité.

Patrick Mélior était né en 1948 d’un papa horloger. Il nous a quittés le 9 avril.


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