Ce camping familial se réinvente en permanence pour préserver son attractivité aussi bien au niveau des équipements, des hébergements, du fonctionnement, des services… Une approche qui se veut à la fois qualitative et vertueuse.
Souvent synonyme de vacances décontractées, loin des contraintes de la vie quotidienne, le camping retrouve une seconde jeunesse notamment depuis la crise du Covid. “On ressent un réel engouement avec beaucoup de demandes au niveau des emplacements occupés par les tentes, les vans, les caravanes. Plusieurs raisons expliquent cette appétence pour le camping traditionnel. Pour certains, cela ravive des souvenirs d’enfance, d’autres apprécient de pouvoir partager une ambiance, des activités, un espace de vie en commun. On voit arriver une clientèle tentée par l’expérience camping”, résume Pierrette Jeannin qui gère cette structure avec son compagnon Jacques Annaler dont les parents avaient créé le camping de la Forêt au milieu des années quatre-vingt.
Le site abrite actuellement 61 emplacements et 14 locatifs, ce qui représente en pleine saison un petit village où vivent plusieurs centaines d’estivants. Des consommateurs supplémentaires qui font le bonheur des commerçants locaux. Très tôt engagé vers un tourisme éco-responsable, le camping de la Forêt, qui fut l’un des premiers du secteur à être équipé de composteurs, subit lui aussi l’impact du réchauffement climatique qui s’est traduit par des attaques de bostryches sur une partie des arbres qui faisaient tout le charme de cet endroit. De quoi remettre en cause par exemple le projet de construire des cabanes dans les arbres pour diversifier sa palette d’hébergements.
À partir de là, le couple gestionnaire a décidé de s’engager pleinement dans le Master Plan de développement et de transition des loisirs et du tourisme pays du Haut-Doubs. “On a travaillé avec d’autres acteurs pour trouver des pistes de valorisation des sites, de diversification des activités.” De là est née l’idée d’utiliser l’espace libéré par les arbres qu’il a fallu abattre pour en faire un laboratoire expérimental où seront plantées de nouvelles essences d’arbres plus résilientes. Le projet est toujours en phase d’étude.
Le masterplan s’intéresse aussi aux difficultés des acteurs touristiques du Haut-Doubs pour recruter et surtout loger du personnel et des saisonniers. Le camping de la Forêt emploie deux permanents, deux alternants et six saisonniers, soit 4 équivalents temps plein à l’année. “On est l’un des quatre sites pilotes choisis pour travailler sur la qualité de vie au travail. Cette démarche aboutira à la mise en place d’une marque employeur”, poursuit Pierrette Jeannin.
Le masterplan a également conforté l’intérêt d’investir dans un nouveau mode d’hébergement qui prendra la forme de cabanes de lutin. “On rentre dans le cadre de l’hébergement insolite. Les cabanes ont été dessinées par un client du camping. Le projet est mené en partenariat avec le lycée du bois à Mouchard qui se chargera de la construction.” Autre projet à l’étude : la rénovation des deux blocs sanitaires certes toujours fonctionnels mais par trop vétustes au bout de quarante ans d’utilisation. “On va les réhabiliter entièrement pour améliorer le confort des clients et du personnel chargé du nettoyage.” Éclairages avec détecteur de présence, réduction des points de consommation en eau, énergie, l’équipement va passer en mode sobriété.

D’un montant de 300 000 euros, ces travaux débuteront à l’automne et vont bénéficier d'une aide de 100 000 euros de la Région. Soucieux d’optimiser son taux d’occupation, le camping de la Forêt est candidat au label Tourisme et handicap piloté par le Conseil départemental. “Au printemps 2027, on va investir dans deux nouveaux mobile-homes répondant aux normes d’accessibilité.” Déjà titulaire des labels “Clef verte” et “Qualité Tourisme” qui sera bientôt rebaptisé “Destination d’excellence”, le camping de la Forêt répondra aux exigences des campings 4 étoiles après la modernisation des sanitaires. “À moyen terme, on envisage également de se raccorder au réseau d’assainissement, ce qui évitera d’entretenir les fosses septiques installées à la création du camping. Avec le réchauffement climatique, on pourra sans doute prolonger la saison d’ouverture de plusieurs semaines en automne.”
