Enfant du pays parti à Paris travailler dans l’audiovisuel, Nicolas Leclerc, 46 ans, vient de sortir son cinquième roman “Aurore” dont l’action se situe dans son Haut-Doubs natal, une source d’inspiration pleine de suspense. Portrait.
Il cultive depuis toujours une double passion pour le cinéma et l’écriture. “Quand j’avais 10 ou 12 ans, ma mère m’achetait des cassettes audio où l’on pouvait entendre des contes racontés par des comédiens. Comme j’étais déjà cinéphile, j’écrivais toutes sortes de scénarios et je faisais des courts-métrages en mobilisant ma famille”, explique Nicolas Leclerc qui a vécu les premières années de son existence tout là-haut à Chapelle-des-Bois où ses parents étaient alors instituteurs.

C’est d’ailleurs dans ce secteur, entre Les Rousses et Chapelle-des-Bois, qu’il situe l’intrigue d’Aurore, son dernier roman. “C’est un polar psychologique à trois personnages qui aborde les thèmes de la dépendance, de l’amour, de la méfiance…” Cet épais pavé de 448 pages représente comme les précédents romans deux ans de préparation.
Nicolas Leclerc est un auteur méthodique dans l’écriture. Plan, scénario, fiches de personnages, découvertes des lieux… Il aborde ses projets littéraires avec le souci de la précision, de la véracité. “Je commence seulement à rédiger quand j’ai toute ma structure. À partir de là, je fais différents jets d’écritures.” Cette technique lui impose d’avoir toujours un livre en gestation. Depuis juillet dernier, il a engagé la préparation de son prochain polar.
Comme la plupart des auteurs, il ne vit pas de l’écriture. “Une bonne vente, c’est 5 000 exemplaires, une très bonne vente se situe à 10 000 exemplaires.” Son parcours professionnel s’articule autour du cinéma. Après le bac décroché au lycée Xavier-Marmier à Pontarlier, il poursuit ses études à Rouen où il prépare un B.T.S. dans l’audiovisuel.
Cap ensuite sur la capitale pour finaliser son cursus dans une école de cinéma préparant au métier de chef opérateur, cadreur. “J’ai commencé à travailler en 2005 en régie cinéma. Je gérais l’organisation des tournages, la logistique…”, poursuit Nicolas Leclerc qui a exercé ainsi jusqu’en 2012. Il s’offre ensuite une séquence aventure pendant deux ans en Thaïlande, le temps de monter avec un ami une boîte audiovisuelle centrée sur la réalisation de films dans un parc d’attractions.

Son retour en France en 2015 coïncide aussi avec l’envie d’écrire son premier roman. “C’est plus facile de faire un livre qu’un film. J’ai commencé à écrire "Le manteau de neige" en 2016. Il a été accepté par l’éditeur Seuil - Cadre noir qui l’a publié en 2020. Ce premier polar a été bien accueilli et cela m’a donné l’impulsion d’en faire un autre, à savoir "La bête en cage". Pourquoi des polars ? C’est mon genre préféré dit-il. Je m’intéresse beaucoup au polar rural où il y a beaucoup de liens entre les personnages. C’est aussi une façon de me replonger dans mon adolescence et de mettre en valeur les décors du Haut-Doubs qu’on ne voit pas trop dans les fictions. Dans chaque roman, j’essaie de présenter ma région de cœur sous des ambiances différentes. Je reconfigure le Jura à chaque nouveau roman. Quand on se positionne dans le polar rural, on entre aussi dans le domaine de la gendarmerie dont j’apprécie l’organisation, la façon de faire et la proximité avec la population.”
Pour son troisième roman, Nicolas Leclerc change radicalement de prisme en narrant l’histoire de migrants arrivés en France et qui vont rejoindre l’Angleterre en kidnappant un couple. “On s’inscrit plus dans le genre thriller psychologique.”
Retour en terre jurassienne pour “Le veilleur du lac” avec une intrigue située dans un village fictif au bord d’un lac qui n’est pas sans rappeler celui de Saint-Point. La disparition d’une famille va bouleverser la vie du village dans une ambiance très estivale. Au quotidien, Nicolas Leclerc travaille toujours pour la télévision. Il supervise des émissions de sport sur des chaînes spécialisées. “Je travaille surtout le week-end, ce qui me permet de consacrer le reste de la semaine à l’écriture.”
Très occupé par ses deux passions, il trouve quand même le temps de voyager avec sa compagne. “On adore la cuisine notamment asiatique. Je m’intéresse à la musique, à l’art. J’ai toujours apprécié les balades en forêt et, bien entendu, j’en profite dès que je rentre voir mes parents à Mouthe.”
Aurore - Nicolas Leclerc
Éditions du Seuil
Collection Cadre noir
