Si quelques sociétés de pêche estiment que ce serait utile, Philippe Grosso le président de la fédération compte plutôt sur le bon sens des pêcheurs pour ne pas stresser davantage la faune piscicole en période de sécheresse
Aller pêcher dans les quelques trous d’eau encore visible entre Morteau et Pontarlier semble aussi pertinent que d’aller faire un barbecue en pleine forêt. « Il y a bien quelques A.P.P.M.A. qui demandent que l’on officialise la fermeture de la pêche. On l’a fait en 2023 mais c’est très long à mettre en place sur le plan administratif. Personnellement, je n’y suis pas favorable. Je pense que les pêcheurs sont assez raisonnables pour se réguler. C’est d’abord une question de bon sens. Si l’on interdit la pêche, alors pourquoi pas le faire pour la baignade, les activités nautiques ? », justifie Philippe Grosso.

Fermeture ou pas, la situation piscicole est dramatique et le phénomène se renouvelle de façon récurrente d’un été à l’autre. Sur la question des pêches de secours, Philippe Grosso est tout aussi sceptique sur leur bien-fondé. « On fait parfois ce type d’opération, mais c’est plutôt pour se donner bonne conscience. Les transferts de poissons sont toujours risqués car ils supportent mal les changements de température et ce type de manipulation. Se poserait aussi la question de la main-d’œuvre, sachant qu’il y a seulement neuf salariés à la fédération. »
La baisse du niveau d’eau associée à la hausse de la température : la combinaison des deux phénomènes est le pire scénario qu’on puisse offrir aux salmonidés. Petite note d’espoir, certaines rivières s’en sortent néanmoins pas trop mal comme le montrent les pêches d’inventaire effectuées sur la Loue et le Dessoubre. « On trouve encore de belles truites sauf des très grosses qui ne sont plus là. »
Le dynamisme du tourisme de la pêche suit la courbe du niveau d’eau : en berne. De moins en moins de pêcheurs, des sociétés au ralenti, des restaurateurs en difficulté. Rien ne va plus chez les disciples de Saint-Pierre. « En juin, on a fait un petit sondage auprès des dépositaires et des A.P.P.M.A. : on enregistre déjà une baisse de 6 % sur le nombre de cartes saison et journalière vendues par rapport à 2025. Je reconnais que ce n’est pas un tableau réjouissant… »

