L’enquête publique montre une opposition citoyenne farouche en accord avec l’avis général des collectivités locales et des associations de défense de la nature.
Portée par A.B.O. Energy, la S.A.S. Centrale de Production d’Énergie Renouvelable du Crêt des Ours prévoit d’installer 3 aérogénérateurs de 200 mètres de haut entre Rosureux et Plaimbois-du-Miroir, impactant directement 31 communes voisines (voir Càd N° 317 du 30 juin 2025). L’enquête publique consultative s’est close le 26 août, dernière étape avant la décision qui sera prise par les services de l’État probablement d’ici la fin de l’année.

Dès le 1er juillet, les élus de la Communauté de Communes du Plateau du Russey rendaient un avis défavorable concernant ce projet (26 voix contre, 2 abstentions et aucun vote pour). Cette décision repose sur plusieurs préoccupations, notamment les conséquences potentielles sur la biodiversité et les répercussions sur les paysages et le cadre de vie des habitants.
Le lendemain, Le Parc Naturel Régional du Pays Horloger se positionnait ouvertement contre par 25 voix, 2 abstentions et aucun vote favorable. Son président, Denis Leroux, estimait que “malgré la qualité générale de l’étude d’impact, des interrogations demeurent sur le milieu physique, les ressources en eau, les habitats naturels et plusieurs espèces.” Il manifestait également son inquiétude quant aux conséquences possibles sur la zone Natura 2000 voisine de la vallée du Dessoubre.
Bien que globalement favorable aux énergies renouvelables, La L.P.O. (Ligue de Protection des Oiseaux) rendait également le 27 juillet une étude détaillée concernant les conséquences du projet sur l’avifaune sédentaire ou migrante, alertant également sur les dangers potentiels sur les chiroptères, reptiles et amphibiens ainsi que sur le lynx boréal dont la présence est avérée sur ce territoire. Leur conclusion est sans appel : “Nous considérons que l’étude d’impact présente d’importantes lacunes de nature à nuire à l’information du public sur ce projet… Par conséquent, la L.P.O. Bourgogne-Franche-Comté ne peut que s’opposer à ce projet dont l’étude d’impact ne permet pas de rendre compte des impacts réels sur la biodiversité et qui, s’il venait à être autorisé, aurait une incidence négative significative pour de nombreuses espèces protégées.”
En complément des réunions publiques d’information dans les différents villages concernés, la préfecture du Doubs a mis à disposition des citoyens un registre dématérialisé fort de pratiquement 500 avis. Là encore, une forte opposition se dégage. Les principales raisons mises en avant rejoignent en majorité les préoccupations des collectivités locales et certaines contributions sont largement documentées. Certains plus égoïstement s’inquiètent de la dévalorisation de leur patrimoine immobilier ou sont favorables aux énergies renouvelables, mais pas chez eux. La décision définitive entre les mains des services de l’État est désormais attendue de pied ferme au vu du débat qu’elle suscite.
